De la résilience… à la salutogenèse

Connaissez-vous les principes de la salutogenèse? Alors que la médecine étudie les maladies pour pouvoir les guérir et les prévenir, la salutogénèse (salus-genesis) s’intéresse à la «bonne santé», soit les facteurs qui participent au bien-être et à la santé des individus.

Les bases de ce concept ont été élaborées vers la fin des années 1970 par Aaron Antonovski, un sociologue spécialisé en sociologie de la santé. Il s’est fondé sur des témoignages d’anciens détenus des camps de concentration nazis qui ont mis en évidence combien le sentiment dynamique de confiance en eux-mêmes et en la vie leur avait permis de supporter des conditions extrêmes.

De la résilience affichée par ces survivants, Antonovski a dégagé les aspects essentiels de la salutogenèse: l’importance d’une forme de cohérence entre la compréhension des évènements de la vie, le sentiment de pouvoir y faire face, et le fait de leur donner du sens. Ainsi, au-delà des habituelles mesures d’hygiène (alimentation, sport, détente, méditation, etc.), ce concept ouvre la voie à une nouvelle perception de la santé, et des facteurs qui la renforcent et la développent.

Initiative pionnière à Zurich

En 2017, l’Université de Zurich a inauguré le premier centre suisse consacré à la salutogenèse. Rattaché à l’Institut d’épidémiologie, de biostatistiques et de prévention, le projet a concrétisé des années d’effort de promotion et de collaboration internationale des chercheurs zurichois et attestant de l’intérêt académique de cette nouvelle science. L’objectif principal du projet? Faire progresser et promouvoir la salutogenèse dans le domaine de la santé au travail, avec des applications spécifiques pour le travail du soin, pour les artisans et les nouveaux modes de vie professionnelle. L’initiative a amené de nouveaux acteurs à s’intéresser à cette discipline, notamment la médecine scolaire de la Ville et du Canton de Zürich, et l’organisme «Promotion Santé Suisse», dans son programme de gestion de la santé en entreprise.

Il faut dire que la salutogenèse arrive à un moment opportun pour les professionnels de la santé au travail, qui s’intéressent de plus en plus aux éléments qui contribuent au bien-être et à la qualité de vie au travail, après s’être presque exclusivement consacrée aux risques pour la vie et la santé des travailleurs. Ce mouvement va de pair avec l’essor de la psychologie positive qui étudie, sous un angle différent, les conditions et processus favorisant un fonctionnement optimal des individus.  Elle s’inscrit par ailleurs dans la mouvance actuelle de la responsabilité sociale des entreprises et des nouvelles formes de gouvernance.

Un corollaire de cette évolution concerne un urgent besoin de formation, non seulement pour tous les professionnels de la santé au travail mais aussi pour les acteurs de terrain, chefs d’entreprise, managers et responsables RH. À chacun de comprendre et intégrer dans sa zone de compétence les enjeux et les principes de la salutogenèse, les mettre en pratique, et en retirer les importants bénéfices humains et économiques qui en découlent.

1 comment for “De la résilience… à la salutogenèse

  1. 14 juillet 2021 at 11:03

    Merci pour cet article qui renvoie parfaitement à ce que je promeus dans mes enseignements et mes recherches en psychologie du travail et des organisations.

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