Detox Management

L’art du management s’apprend. Ailleurs que dans les business schools, à en juger par l’atonie productive, l’apathie créative ou l’inhumaine souffrance qui envahissent le monde du travail salarié. Motiver, décupler la performance, libérer l’innovation, inspirer le changement sont les bénéfices d’un management désintoxiqué.


L’autre pandémie

Peut-être pourrions-nous cesser d’épiloguer sans fin sur les atermoiements de nos dirigeants, aussi désemparés que leurs experts ou que nous-mêmes, face au méchant virus? Plutôt que d’inutilement gémir sur ses variances exotiques ou d’extravaguer au fil d’hypothèses conspirationnistes, sans doute pourrions-nous d’urgence revenir au réel?

La fin du divertissement?

La crise sanitaire actuelle montre déjà de rudes répercussions économiques: l’aéronautique, le tourisme, privé ou d’affaire, estival ou hivernal, balnéaire distant ou exotique extrême, les croisiéristes comme les chantiers navals, toutes les activités ludiques, sportives ou culturelles de masse, du Jazz-Festival de Montréal aux Jeux Olympiques de Tokyo, en passant par tous les parcs d’attractions de la Terre, mettront probablement des années à se remettre du coup d’arrêt brutal de toutes leurs activités. Imposé pour stopper l’expansion pandémique d’un méchant virus, le coût social de leur «réadaptation économique» sera absolument prohibitif, pendant plusieurs années, initiant une pandémie de licenciements.

Incertitudes

«On mesure l’intelligence d’un individu à la quantité d’incertitudes qu’il est capable de supporter». Cette observation, attribuée à Emmanuel Kant, ne manque pas de saveur ni de fraîcheur lorsqu’on observe de près notre monde réputé moderne. Malgré les remarquables discours, très à la mode et un poil pontifiants, sur le «droit à l’erreur» et le fait «d’apprendre de ses échecs», l’hystérique aversion collective à l’insuccès demeure, s’amplifie même et gangrène toutes nos initiatives. Toutes les audaces. Et finalement, toute vie authentique…

Zones d’inconfort

C’est une locution aux apparences vertueuses, un idiomatisme qu’on entend sans cesse au sein de nos organisations, rythmant rencontres managériales et évaluations, séances RH et séminaires de motivation: faire «sortir de leur zone de confort» celles et ceux qui nous sont confiés. De force et pour leur plus grand bien…

Hypocratie

Sans doute entendez-vous comme moi, de plus en plus souvent, le chœur des bonnes âmes entonnant, à gorges déployées et à l’unisson, d’étranges comptines, en forme de mélopées? Ces bonnes âmes s’ennoblissent elles-mêmes d’être les chantres du bonheur perpétuel au travail, les hérauts du management bienveillant, les prophètes de la libération universelle du travailleur (si naturellement autonome et responsable qu’il sait spontanément co-décider), les héros de l’intelligence collective (qui génère spontanément des auto-organisations insurpassables). Le bonheur au travail, devenant peu à peu catégoriquement impératif, finira par ressembler, comme 2 barbelés d’un même fil de fer, à la pathétique injonction de la «joie par le travail».