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La grande illusion du multitâche

Dans de nombreuses organisations, le multitâche reste perçu comme un marqueur d’efficacité. Répondre à des messages en réunion, suivre une visioconférence tout en traitant ses emails ou avancer sur plusieurs projets simultanément sont devenus des comportements normalisés, voire attendus. Cette culture de la simultanéité alimente l’idée que traiter plusieurs priorités en parallèle est synonyme de performance. 

Pourtant, les apports des neurosciences cognitives racontent une toute autre histoire: le multitâche est en grande partie une illusion de productivité. Les données terrain le confirment. Le Rapport Global de Résilience 2025, publié par le Resilience Institute et basé sur plus de 8000 professionnels, montre que la capacité à limiter le multitâche est le facteur de résilience le plus faible observé.   

Dans cet article, Je vous propose de déconstruire cette illusion et surtout de découvrir 5 pratiques concrètes pour restaurer l’attention, renforcer la résilience et réhabiliter une performance durable grâce au monotâche.

Souffrance des patients… et des soignants

Les conditions de travail des soignants de toutes catégories (médecins, infirmières, aides-soignants, etc.) sont très souvent pénibles, et le manque de soutien des structures de soin à leur égard, la pression à laquelle ils sont soumis, en font une population à risque.

Même dans de meilleures conditions, il peut arriver que les soignants «absorbent» la souffrance des patients dont ils prennent soin, et se trouvent alors eux-mêmes dans un état de souffrance ayant un impact sur leur propre santé psychique et même physique, allant jusqu’à engendrer des troubles graves. On parle de traumatisme vicariant, ce qui signifie: «qui remplace un fonctionnement déficient». Le site Medicalib et un psychopédagogue (Y. Demoulin) ont récemment fait le point sur ce problème et ont décrit précisément cette transformation psychologique profonde et durable qui affecte des soignants ou des travailleurs sociaux exposés de manière répétée aux récits ou images de la souffrance d’autrui. Les troubles ressentis par ces soignants sont semblables au stress post-traumatique et sont associés à une «fatigue de compassion». Le soignant n’arrive plus à «imperméabiliser» sa propre vie, à se protéger et subit ainsi une sorte de porosité qui le contamine.