Engagez-vous, rengagez-vous!

Le monde et les outils de recrutement ont changé, les générations se succèdent, mais certaines choses ne bougent pas: lors d’une interview, que l’on soit employeur potentiel ou candidat, on est seul en face d’une personne. Il s’agit alors d’être soi – mais pas tout à fait -, de se vendre – mais pas vraiment -, de séduire et d’être réaliste, de trouver le point d’accroche sans être lourd. Vous pensiez qu’on avait tout dit sur le sujet ? Vous vous trompiez…


Le tandem, ce n’est pas que du vélo (et surtout pas du pipeau)

Le baromètre conjoncturel, sans doute le plus respecté de Suisse, affiche des niveaux records*, de quoi se réjouir, enfin! Ajoutez à cela un taux de chômage ayant peu augmenté durant les 16 derniers mois, grâce à des mesures intelligentes pour la plupart, un retour en force et brutal de la lutte pour les talents nous guette: la plupart des sites d’emploi et autres cabinets de recrutement citent d’ailleurs des chiffres d’annonces en forte hausse.

Que faire pour équilibrer un marché de l’emploi tendu et à sec. Accepter plus d’immigration professionnelle? Nos relations compliquées avec l’UE ne vont pas faciliter une solution sur ce front.

Force est de constater que nous avons, dans ce pays, deux profonds déséquilibres en termes d’emploi: entre hommes et femmes et entre temps partiel et temps complet. Nous observons – et soutenons! – la résurgence d’une solution, applicable aux PME surtout,  pour subvenir au manque de personnel qualifié de tous niveaux hiérarchiques: le job sharing.

Nous n’affectons plus ce terme uniquement au partage d’un poste naturellement propice à cet exercice – disons, réceptionniste – mais aux fonctions à responsabilité élevée. Sachant qu’un tiers des forces vives de ce pays travaillent à temps partiel*, il est raisonnable et logique de se questionner sur l’opportunité de trouver des aménagements pour satisfaire les besoins et ambitions légitimes de cette population en quête d’activité enrichissante.

Pour le différencier de l’anglicisme un peu poussiéreux qui le précédait, le nouveau mot qui s’impose est le tandem. Le tandem est un poste ou une fonction partagé dans le temps, mais aussi et surtout, en responsabilité. La solution prête le flanc à des doutes et des critiques: il faut que les participants au tandem s’entendent très bien et partagent la même motivation et éthique de travail. En outre, le recrutement d’un tandem peut se révéler complexe. Les coûts augmentent en raison de l’acquisition de matériel supplémentaire et requiert du travail administratif. L’argument négatif le plus pertinent est le transfert d’informations et le suivi des dossiers.

Pourtant, quand on connaît l’incroyable réservoir de compétences mal, sous ou non utilisées en Suisse et qu’on prend conscience du retour sur investissement plus élevé de personnes employées à temps partiel, il est quasi irresponsable de ne pas donner une chance au tandem, une solution qui comble le fossé entre le désir de temps partiel, les ambitions de carrière, l’importance de faciliter aux femmes (et à certains hommes) l’accès à des postes à responsabilité, le niveau de formation élevé de la population et le manque devenu chronique de main d’œuvre qualifiée, à tous niveaux.

*KOF Baromètre conjoncturel

* Le temps partiel concerne 80% des femmes, maintenant mieux formées que les hommes: plus de femmes que d’hommes sont titulaires d’une maturité fédérale et une majorité des étudiants universitaires sont des étudiantes

Le changement de l’extérieur conduit-il au changement de l’intérieur?

Dans une situation privée ou professionnelle, le changement doit venir de soi. Il est impossible de l’imposer sur la durée. Preuve en sont les comportements «malsains» (au mieux) ou dangereux (au pire) de la plupart d’entre nous: manque d’activité physique, de sommeil, voire d’addiction à des substances (ou au travail!). La pression sociale, médicale, affective et familiale cherche parfois à nous imposer de changer, mais nous seuls sommes les acteurs de ce changement.

Jean qui profite et Jean qui subit

Vous connaissez certainement, et utilisez peut-être, un site d’évaluation pour la gastronomie appelé TripAdvisor. Son pendant pour l’évaluation des employeurs est Glassdoor. Près de nous, Kununu est le petit frère suisse (allemand plutôt). Une fois notre curiosité satisfaite d’y voir évalués nos anciens, actuels et potentiels employeurs, il est intéressant d’aller au-delà de la note moyenne et de lire les commentaires avec plus d’attention.

Du choix

Les élections fédérales sont derrière nous. La messe est dite pour les quatre prochaines années de législature. Et vous, comment avez-vous choisi vos candidats? A leur apparence? A leur bilan? A leur parti? A leurs projets? A leur genre? Quand on y réfléchit, nous élisons nos politiques pour une durée qui n’est pas négligeable et, en fin de compte, quel temps investit-on vraiment pour les choisir? J’imagine que vous me voyez venir: peut-être choisit-on les candidats pour son entreprise avec à peine plus d’objectivité que pour le Parlement. Et si cela se trouve, la déception est aussi au rendez-vous.

Trop de travail tue le travail

Que nous soyons employés, indépendants ou artistes, nous travaillons tous à créer une œuvre, aussi abstraite soit-elle. Même si le terme «œuvre» peut sembler pompeux pour quelqu’un qui répand du bitume sur les routes ou scanne nos courses au supermarché – c’est souvent nous-mêmes ces temps, mais ça, c’est une autre histoire -, travailler nous permet d’avancer, de transformer le monde à notre modeste échelle, et donc de nous transformer.

1% d’inspiration pour 99% de transpiration

Il est difficile de nier que notre époque est marquée par une focalisation sur l’être humain, son bonheur, son épanouissement, sa capacité à se transcender (quoi que cela veuille dire d’ailleurs). Que ce soit sur le front des générations ou sur celui des genres, la bataille pour des droits égaux bat son plein, ce qui est incontestablement une victoire, même si la guerre n’est pas gagnée.

Cherchons chercheurs qui cherchent

Le cabinet de recrutement est un lieu hybride: le candidat vient certes y chercher un emploi mais son interlocuteur n’est pas l’employeur. Quel comportement adopter par conséquent? Celui du chercheur d’emploi qui a réponse à tout et qui souhaite se présenter sous son meilleur jour, espérant ainsi augmenter les chances que le consultant pousse son dossier? Ou alors adopter une posture plus ouverte et utiliser l’expérience et les compétences du consultant pour faire avancer sa réflexion? Et ainsi recevoir un avis critique, empreint de bienveillance et d’une certaine objectivité.