Attention… au blurring!

Sortir de chez soi pour aller sur son lieu de travail: la frontière est claire entre ces deux mondes. Mais le télétravail exponentiellement développé à cause de la pandémie a créé… le Blurring! Ce nouvel anglicisme traduit le flou qui s’installe insidieusement toujours plus entre la vie privée et la vie professionnelle, faisant perdre les repères, perturbant l’habituel mode de fonctionnement et amenant même un malaise psychique souvent imperceptible au début. Bref, un vrai poison, avec de réels effets secondaires.

Les vertus de l’amitié professionnelle

C’est lors de mon adolescence provinciale, plutôt paisible, que j’ai fait ma première expérience des bienfaits de l’amitié professionnelle. Sortant des ornières normatives imposées d’un prêt-à-penser débilitant, quelques rares enseignants me donnèrent d’apprivoiser tranquillement théorèmes abscons et mines grammaticales. Par cette bonne volonté affichée envers leurs élèves, ils nous firent grandir, nous apprenant confiance et bienveillance.

Adulte, il me semble urgent d’affirmer que, pas plus que le management bienveillant, l’amitié professionnelle n’est un oxymore – une association volontaire, provoquante, de réalités contraires ou paradoxales.

Plus souvent théorisée, prétendue ou affirmé qu’activement pratiquée, la bienveillance professionnelle, à force d’être galvaudée, me semble devenue une bien vilaine soupe démagogique, saturée d’hypocrisies, de maladresses ou d’inconscientes toxicités.

Et si ce management bienveillant, fait d’une authentique amitié professionnelle, n’était en fait, qu’un pléonasme – le contraire d’un oxymore?

L’origine étymologique la plus certaine du mot manager est le mot «ménager». Hérité du haut Moyen-Âge, ce nom de «manager» désigne celui qui gère les ressources d’une entreprise comme on gère un ménage, avec prudence et courage, discernement et audace, sagesse et précaution. Le ménager aménage ainsi le travail et ménage celles et ceux qui l’entreprennent, l’effectuent puis l’achèvent.

Ménager ses ressources

Entreprendre un management bienveillant, c’est donc premièrement ménager ses ressources en aménageant leurs travaux. Avec confiance, pour les motiver, pour en simplifier l’exécution et pour les aider à en assurer le bon achèvement – sans plus jamais aucune casse humaine!

Très concrètement, être bienveillant, c’est tout d’abord vouloir le bien et veiller à ce bien. Au mien comme à celui des autres, qui me sont confiés ou avec lesquels j’interagis. C’est aussi être bien traitant: c’est-à-dire toujours faire aux autres ce que j’aimerai qu’ils me fassent, par l’effet d’une réciproque et humaine symétrie. Être bienveillant, c’est encore être bienfaisant.

Sans m’arrêter à mes seules bonnes intentions – positives par définition – décider de veiller très attentivement à toujours entreprendre de bien faire autant que de faire bien. Et finalement, l’authentique bienveillance s’achève invariablement dans la biendisance, qui m’attache à valoriser et à promouvoir le positif – sans plus aucune morbide ni obsédante fascination pour le seul négatif…

Et sauf à le vouloir résolument, à y veiller constamment, ma paresse morale, certains laisser-aller psychiques ou quelques toxiques croyances menacent de m’emporter à l’inverse. La malveillance, la maltraitance, la malfaisance et la médisance risquent de m’envahir subrepticement, minant peu à peu mes belles entreprises ou mes meilleurs travaux.

L’amitié professionnelle, dont mes – seuls vrais – professeurs furent exemplaires, par un mimétisme aussi léger que puissant, s’enracine ainsi dans la pratique résolue de la vraie bienveillance.

Laquelle toujours commence, pour chacun de nous, par nous-même!

L’ère du formateur 4.0

La numérisation impacte toujours plus le monde de la formation. De nouveaux outils, applications, sites internet apparaissent régulièrement pour accompagner les participants dans leur apprentissage. Grâce à ces nouvelles technologies, la manière d’aborder la formation évolue et devient multimodale (cf. l’article «Hybridation»). Malgré la complexité que cela implique en termes de gestion, les approches «blended» amènent une grande valeur ajoutée pour les apprenants. Mais qu’en est-il des formateurs?

Le tandem, ce n’est pas que du vélo (et surtout pas du pipeau)

Le baromètre conjoncturel, sans doute le plus respecté de Suisse, affiche des niveaux records*, de quoi se réjouir, enfin! Ajoutez à cela un taux de chômage ayant peu augmenté durant les 16 derniers mois, grâce à des mesures intelligentes pour la plupart, un retour en force et brutal de la lutte pour les talents nous guette: la plupart des sites d’emploi et autres cabinets de recrutement citent d’ailleurs des chiffres d’annonces en forte hausse.

Que faire pour équilibrer un marché de l’emploi tendu et à sec. Accepter plus d’immigration professionnelle? Nos relations compliquées avec l’UE ne vont pas faciliter une solution sur ce front.

Force est de constater que nous avons, dans ce pays, deux profonds déséquilibres en termes d’emploi: entre hommes et femmes et entre temps partiel et temps complet. Nous observons – et soutenons! – la résurgence d’une solution, applicable aux PME surtout,  pour subvenir au manque de personnel qualifié de tous niveaux hiérarchiques: le job sharing.

Nous n’affectons plus ce terme uniquement au partage d’un poste naturellement propice à cet exercice – disons, réceptionniste – mais aux fonctions à responsabilité élevée. Sachant qu’un tiers des forces vives de ce pays travaillent à temps partiel*, il est raisonnable et logique de se questionner sur l’opportunité de trouver des aménagements pour satisfaire les besoins et ambitions légitimes de cette population en quête d’activité enrichissante.

Pour le différencier de l’anglicisme un peu poussiéreux qui le précédait, le nouveau mot qui s’impose est le tandem. Le tandem est un poste ou une fonction partagé dans le temps, mais aussi et surtout, en responsabilité. La solution prête le flanc à des doutes et des critiques: il faut que les participants au tandem s’entendent très bien et partagent la même motivation et éthique de travail. En outre, le recrutement d’un tandem peut se révéler complexe. Les coûts augmentent en raison de l’acquisition de matériel supplémentaire et requiert du travail administratif. L’argument négatif le plus pertinent est le transfert d’informations et le suivi des dossiers.

Pourtant, quand on connaît l’incroyable réservoir de compétences mal, sous ou non utilisées en Suisse et qu’on prend conscience du retour sur investissement plus élevé de personnes employées à temps partiel, il est quasi irresponsable de ne pas donner une chance au tandem, une solution qui comble le fossé entre le désir de temps partiel, les ambitions de carrière, l’importance de faciliter aux femmes (et à certains hommes) l’accès à des postes à responsabilité, le niveau de formation élevé de la population et le manque devenu chronique de main d’œuvre qualifiée, à tous niveaux.

*KOF Baromètre conjoncturel

* Le temps partiel concerne 80% des femmes, maintenant mieux formées que les hommes: plus de femmes que d’hommes sont titulaires d’une maturité fédérale et une majorité des étudiants universitaires sont des étudiantes

Le préjudice d’anxiété

Lorsqu’il y a un risque connu élevé de contracter une maladie grave, l’anxiété des personnes concernées pourrit leur vie…. Dans le monde du travail, cette anxiété traduit une réelle souffrance qui n’a jusqu’ici pas été vraiment reconnue et qui laisse à celles et ceux qui s’inquiètent pour leur santé, un goût d’injustice et d’indifférence face à leur désarroi.

À quoi bon apprendre une langue étrangère alors que l’IA permet de communiquer de façon polyglotte?

L’intelligence artificielle (IA) est capable de réaliser des tâches qui font appel à l’intelligence humaine. Et elle aurait, semble-t-il, beaucoup à apporter à l’apprentissage des langues étrangères. Il suffit d’aller sur Internet pour découvrir que l’IA s’est considérablement développée ces dernières années dans ce domaine et a engendré une pléthore de sites et d’outils de traduction instantanée, d’apprentissage interactif ou de retranscription vocale simultanée.

Managers, pouvez-vous travailler à distance?

La fermeture des frontières, les mises en quarantaine et les isolements imposés ont contraint des milliers de personnes à travailler à domicile. Au-delà du débat idéologique sur les limites et les avantages du télétravail – pour les cadres – il n’est pas question de tergiverse. Il faut faire avec parce que leur avenir dépend principalement de la réponse à une seule question: «Est-il possible de manager à distance?».