Sortir du réflexe «avant – pendant – après»

Avant, pendant, après: dans la formation, et plus encore dans la formation hybride, ce triptyque est devenu un réflexe. On structure les dispositifs ainsi, on les décrit ainsi, on les évalue ainsi. Et, bien souvent, on y associe implicitement une hiérarchie: le pendant, généralement en présentiel, serait le cœur de l’apprentissage. Le reste? Un nécessaire habillage: une préparation d’un côté, un suivi de l’autre. Et si cette vision était aujourd’hui non seulement réductrice, mais contre-productive?

La discrimination au travail: un sujet trop sensible?

Viennent en tête des discriminations flagrantes, celles concernant les jeunes, les femmes et les personnes non blanches: l’embauche – qu’a dénoncé l’Organisation Internationale du Travail (OIT) – le déroulement de carrière et l’accès au logement.

Outre l’OIT, le Baromètre du Défenseur des Droits en France constate que depuis bientôt dix ans, la situation ne s’améliore pas. Les écarts de salaires entre hommes et femmes, et l’accès pour elles à des postes de direction restent toujours très marqués. Par ailleurs, un jeune sur sept se déclare «dépassé» dans son travail – ce qui prouve une certaine inadéquation entre les compétences et les exigences du travail. L’orientation sexuelle est aussi une source de discrimination à l’embauche, mais pas aussi forte que de ne pas être «blanc». Il y a également une augmentation des propos et comportements stigmatisants au travail ainsi que du harcèlement touchant principalement les femmes.

Ce que 200 situations de terrain m’ont appris sur les conflits au travail

Depuis deux ans, j’ai accompagné près de deux cents situations de tension, de conflit latent, de détérioration relationnelle, de harcèlement allégué, ou de risques psychosociaux dans des organisations romandes: hôpitaux, PME, EMS, fondations, entreprises techniques, institutions publiques et privées.

À chaque fois, le même paradoxe revient: les organisations se modernisent… mais les relations humaines s’effritent. Les structures parlent de transformation, d’innovation, de performance, de digitalisation mais les collaborateurs parlent de fatigue, d’isolement, de non-dits, d’incohérences, de manque de sécurité psychologique.

En entrant dans ces situations, j’ai compris une chose: le conflit n’est jamais «le problème». Il est le symptôme d’un système qui tente de dire quelque chose. Et c’est là que le travail commence.

Contagion émotionnelle: la science qui change le leadership

La science est claire: le système nerveux d’un leader n’affecte pas seulement sa propre personne – il définit le climat émotionnel de toute l’équipe. Dans un environnement où la pression est constante et les sollicitations multiples, la stabilité émotionnelle du leader devient un levier de performance puissant. La science de la contagion émotionnelle révèle que nos états intérieurs se propagent, influençant le moral, l’engagement et la productivité de ceux qui nous entourent.

Le paradoxe de la discipline qui libère

Réveil très matinal, yoga ou course à pied, bains (froids) dans le lac, réflexion régulière et priorisation du sommeil sont quelques éléments de ma routine personnelle. On me le dit souvent: « Tu es quelqu’un de très disciplinée ». Avec ça se glisse parfois un sous-entendu: ta vie doit être bien ennuyeuse… Et pourtant, c’est tout le contraire. Pour moi, respecter une discipline choisie est profondément libérateur. Alors suis-je enfermée dans un carcan rigide ou portée par une discipline intérieure?

Et si la prévention des conflits devenait un indicateur ESG?

En Suisse, plusieurs études mettent en évidence le rôle majeur des tensions relationnelles et des conflits non régulés dans les absences de longue durée, notamment lorsqu’ils déclenchent ou aggravent des troubles psychiques. Selon une étude SWICA, 57% des incapacités de travail d’origine psychique sont liées à des conflits sur le lieu de travail.

Ce constat, pourtant alarmant, reste absent de la plupart des rapports ESG publiés par les entreprises. Alors que les organisations communiquent volontiers sur leurs progrès en matière d’émissions de CO₂, d’égalité salariale ou de diversité, la qualité du climat relationnel – et sa contribution à la durabilité – demeure largement passée sous silence.

Astuces — le changement: l’art d’être fan de soi!

Et si le changement était l’art d’être fan de soi! L’art d’être fan de ses réussites!

L’art d’être fan de soi et de ses réussites se concrétise par la progression. Progresser par petites ou grandes réussites, dans une logique de bénéfice immédiat à court terme, et de plaisir répété à long terme en est le secret. Ce secret permet de vaincre le changement lorsque ce dernier est perçu comme pénible.

La question de fond n’est pas de choisir de changer ses habitudes ou non, mais d’assumer le changement le mieux possible afin qu’il ne soit pas subi.

Accorder son leadership comme on accorde une guitare

Juste avant que ne débute le concert, il y a toujours ce moment suspendu. Celui où les instruments s’accordent, dans un désordre apparent, dissonant, un peu grinçant. Pourtant, c’est là que tout commence: les musiciens cherchent l’unisson, tendent l’oreille, affinent leur geste, comme pour se synchroniser les uns aux autres. Un rituel invisible, presque sacré. Se régler pour mieux jouer. Se retrouver, en écoutant finement ce qui vibre juste.

Et si le leadership, c’était justement ça? Apprendre à accorder son équipe, à ajuster les tensions, à reconnaître la beauté de l’imperfection, à créer les conditions d’un “flow” collectif.