Tag Archive for Santé au travail


Souffrance des patients… et des soignants

Les conditions de travail des soignants de toutes catégories (médecins, infirmières, aides-soignants, etc.) sont très souvent pénibles, et le manque de soutien des structures de soin à leur égard, la pression à laquelle ils sont soumis, en font une population à risque.

Même dans de meilleures conditions, il peut arriver que les soignants «absorbent» la souffrance des patients dont ils prennent soin, et se trouvent alors eux-mêmes dans un état de souffrance ayant un impact sur leur propre santé psychique et même physique, allant jusqu’à engendrer des troubles graves. On parle de traumatisme vicariant, ce qui signifie: «qui remplace un fonctionnement déficient». Le site Medicalib et un psychopédagogue (Y. Demoulin) ont récemment fait le point sur ce problème et ont décrit précisément cette transformation psychologique profonde et durable qui affecte des soignants ou des travailleurs sociaux exposés de manière répétée aux récits ou images de la souffrance d’autrui. Les troubles ressentis par ces soignants sont semblables au stress post-traumatique et sont associés à une «fatigue de compassion». Le soignant n’arrive plus à «imperméabiliser» sa propre vie, à se protéger et subit ainsi une sorte de porosité qui le contamine.

Burn-out 2.0: quand l’hyperconnexion et la culture numérique intensifient l’épuisement professionnel

L’augmentation des burn-out reflète les mutations profondes du monde professionnel.

La transformation numérique a profondément modifié notre manière de travailler. Les outils digitaux, les emails, les messageries instantanées et les réunions en ligne facilitent la communication et permettent de gagner en efficacité. Cependant, cette connexion permanente a également ses effets secondaires. L’hyperconnexion, la multiplication des notifications et la surcharge d’informations peuvent progressivement augmenter la charge cognitive des salariés. Dans ce contexte, la frontière entre vie professionnelle et vie personnelle devient de plus en plus floue. Cette évolution du monde du travail contribue à l’émergence d’un phénomène souvent qualifié de «burn-out 2.0», où la culture numérique et la pression de disponibilité permanente deviennent des facteurs modernes aggravant l’épuisement professionnel.

La discrimination au travail: un sujet trop sensible?

Viennent en tête des discriminations flagrantes, celles concernant les jeunes, les femmes et les personnes non blanches: l’embauche – qu’a dénoncé l’Organisation Internationale du Travail (OIT) – le déroulement de carrière et l’accès au logement.

Outre l’OIT, le Baromètre du Défenseur des Droits en France constate que depuis bientôt dix ans, la situation ne s’améliore pas. Les écarts de salaires entre hommes et femmes, et l’accès pour elles à des postes de direction restent toujours très marqués. Par ailleurs, un jeune sur sept se déclare «dépassé» dans son travail – ce qui prouve une certaine inadéquation entre les compétences et les exigences du travail. L’orientation sexuelle est aussi une source de discrimination à l’embauche, mais pas aussi forte que de ne pas être «blanc». Il y a également une augmentation des propos et comportements stigmatisants au travail ainsi que du harcèlement touchant principalement les femmes.

«Great Place to Work»… un apparent paradoxe

On pourrait raisonnablement penser qu’une entreprise où la vitesse d’exécution des tâches est une priorité absolue, va engendrer du stress chez ses employés, avec ses conséquences: burnout, épuisement, dépression, absentéisme, etc.

Or, le magazine «L’Express» vient de publier un article sur le spécialiste de la livraison et de la logistique DHL. Eh bien, cette entreprise est réputée pour ses «bonnes» pratiques en ressources humaines… au point d’avoir reçu en 2024 le label «Top Employer Global» et d’être sacrée numéro un mondial au classement du label «Great Place to Work». Le taux de satisfaction globale de ses employés atteint 82% – ce qui est très supérieur à la moyenne du secteur.

Les premiers «blessés» des cyberattaques

Les cyberattaques sont une réalité inquiétante qui semble s’intensifier. Ainsi, un exemple parmi tant d’autres, Swisscom subit plus de 200 millions de cyberattaques tous les mois, soit une attaque toutes les 77 secondes. Les articles sur le sujet traitent principalement des aspects techniques, économiques, logistiques et de réputation/image de marque des entreprises touchées. Sur le plan humain, elles ont été pendant des décennies abordées sous l’angle de la protection de la vie privée. Mais l’impact de ces attaques sur la santé des personnes concernées et des dommages en découlant n’a jamais vraiment été mis en évidence.

Santé au travail: pourquoi faut-il repenser notre approche?

La santé au travail est au cœur des préoccupations des entreprises. Burn-out, stress chronique, conflits internes… Ces problèmes, autrefois considérés comme secondaires, sont devenus de véritables défis organisationnels. Pourtant, malgré la multiplication des initiatives RH -programmes de bien-être, formations à la gestion du stress ou cellules d’écoute- les tensions persistent.

Et si nous nous étions trompés de priorité?

Les «exclus» de la directive MSST

Cette directive, comme son nom l’indique, recommande aux employeurs de faire «Appel à des médecins et autres spécialistes de la sécurité au travail» pour gérer les risques dans leur entreprise. Elle s’inscrit dans le cadre de l’Ordonnance pour la Prévention des Accidents et des Maladies professionnelles (OPA) issue de la Loi sur l’Assurance Accidents (LAA). Une autre ordonnance complémentaire précise qui sont ces «autres» spécialistes, et leurs qualifications. Il s’agit des hygiénistes du travail, des ingénieurs de sécurité et des chargés de sécurité.

Manager le travail des autres et…  le «travail de soi»

Le questionnement actuel sur les nouvelles formes de gouvernance qui commencent à émerger dans le monde en évolution des entreprises, s’accompagne naturellement d’une réflexion sur les modes de management et de leadership les plus appropriés. Dans les structures «traditionnelles» les managers sont souvent malmenés, pris entre le marteau et l’enclume, obligés de se soumettre à des procédures standardisées, d’atteindre des objectifs financiers exagérés, d’affronter des problèmes éthiques contraires à leurs valeurs, etc. Leur souffrance a fait l’objet de nombreuses études et a stimulé la recherche vers de meilleures et plus saines formes de management.