Les conditions de travail des soignants de toutes catégories (médecins, infirmières, aides-soignants, etc.) sont très souvent pénibles, et le manque de soutien des structures de soin à leur égard, la pression à laquelle ils sont soumis, en font une population à risque.
Même dans de meilleures conditions, il peut arriver que les soignants «absorbent» la souffrance des patients dont ils prennent soin, et se trouvent alors eux-mêmes dans un état de souffrance ayant un impact sur leur propre santé psychique et même physique, allant jusqu’à engendrer des troubles graves. On parle de traumatisme vicariant, ce qui signifie: «qui remplace un fonctionnement déficient». Le site Medicalib et un psychopédagogue (Y. Demoulin) ont récemment fait le point sur ce problème et ont décrit précisément cette transformation psychologique profonde et durable qui affecte des soignants ou des travailleurs sociaux exposés de manière répétée aux récits ou images de la souffrance d’autrui. Les troubles ressentis par ces soignants sont semblables au stress post-traumatique et sont associés à une «fatigue de compassion». Le soignant n’arrive plus à «imperméabiliser» sa propre vie, à se protéger et subit ainsi une sorte de porosité qui le contamine.

