Contagion émotionnelle: la science qui change le leadership

La science est claire: le système nerveux d’un leader n’affecte pas seulement sa propre personne – il définit le climat émotionnel de toute l’équipe. Dans un environnement où la pression est constante et les sollicitations multiples, la stabilité émotionnelle du leader devient un levier de performance puissant. La science de la contagion émotionnelle révèle que nos états intérieurs se propagent, influençant le moral, l’engagement et la productivité de ceux qui nous entourent.

Vos émotions sont contagieuses…et elles se diffusent vite!

Dans un environnement incertain, volatile et exigeant, le calme est devenu un atout stratégique. Il permet de garder la tête froide face aux imprévus, d’éviter les réactions excessives et de prendre des décisions lucides. Le Rapport Global de Résilience 2025, publié par Resilience Institute et basé sur plus de 8000 répondants du monde professionnel, met en lumière le rôle central de la régulation émotionnelle dans la performance durable des individus et des équipes. Or, les émotions dans les équipes sont hautement contagieuses. Un leader stressé ou irrité transmet, souvent inconsciemment, son agitation à ses collaborateurs. À l’inverse, un leader calme, régulé, inspire confiance et stabilité.

La contagion émotionnelle influence le moral, la prise de décision et la performance des équipes – souvent sans que personne ne s’en rende compte.

La contagion émotionnelle entre individus se manifeste souvent par l’imitation automatique des expressions faciales, des tonalités vocales et des gestes, sans que les personnes en aient forcément conscience, ce qui conduit à ressentir des émotions similaires. Ces dynamiques reposent sur des processus neurologiques complexes qui facilitent la coordination et la coopération au sein des équipes.

Outre ces mécanismes biologiques, la qualité des interactions ou le niveau d’attention porté aux signaux émotionnels affectent le degré de contagion: plus les individus sont attentifs aux émotions exprimées autour d’eux, plus l’impact de la contagion émotionnelle est fort, pour le meilleur comme pour le pire (Leaders’ emotional contagion – Journal of Positive Psychology and Wellbeing, 2024)

La recherche suggère qu’en moins de deux minutes, les individus imitent inconsciemment les expressions faciales, la posture et les émotions des personnes qui les entourent. Dans son livre Primal Leadership, Daniel Goleman et ses co-auteurs Richard Boyatzis et Annie McKee mettent en avant une étude qui montre que le style émotionnel du leader est responsable jusqu’à 70% du climat émotionnel dans une organisation ou une équipe. Une contagion émotionnelle positive favorise la collaboration, la créativité et la productivité, tandis que des émotions négatives entraînent conflits, désengagement et absentéisme lié au stress.

Deux suggestions pour réduire l’agitation mentale et générer du calme:

  1. Nommer pour mieux réguler

Trouver le mot juste joue un rôle déterminant. Nommer une émotion, c’est déjà commencer à la réguler. Ce que l’on ne nomme pas demeure flou, souvent refoulé ou projeté sur autrui. Identifier précisément si l’on ressent de la colère, de la frustration ou de la peur, c’est amener l’émotion à la conscience, là où elle devient observable, compréhensible et modulable.

Cette démarche exige lucidité et bienveillance envers soi-même, deux qualités essentielles du leader résilient. En reconnaissant son vécu émotionnel sans jugement, il ouvre la voie à une posture plus juste, plus inspirante et plus contagieuse positivement.

  1. Apaiser le corps pour apaiser l’esprit

Cultiver le calme émotionnel passe par le corps. Les pratiques de respiration, la cohérence cardiaque ou encore les exercices issus de la théorie polyvagale (Stephen Porges) stimulent le nerf vague, induisant une réponse de relaxation qui se diffuse dans tout l’organisme. Ce rééquilibrage physiologique calme le système nerveux, diminue la réactivité et renforce la lucidité.

En conclusion

Dans un monde où la pression ne faiblit pas, le calme est contagieux. Cultiver la régulation émotionnelle, c’est donc investir dans le capital le plus précieux d’une organisation: la stabilité intérieure de ses leaders et de ses équipes.

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