Se former au leadership… vraiment?

On s’inscrit à une formation, on lit les meilleurs ouvrages, on adopte la posture du leader assuré. Et pourtant… rien ne garantit que les autres nous reconnaîtront comme tels.

La philosophe Julia de Funès le rappelle avec justesse dans sa dernière chronique:
«L’autorité vient des autres: elle ne peut pas s’imposer ni s’acheter en formation — elle dépend du regard et de la reconnaissance extérieure. L’autorité est singulière: chaque leader a un style unique qui ne peut pas être codifié.»

Autrement dit: on ne devient pas leader en faisant semblant d’être un leader. L’autorité authentique naît de l’intérieur… mais s’éprouve à l’extérieur.

Cette idée est puissante, mais aussi déstabilisante:
Si l’autorité dépend du regard d’autrui, comment la construire?
Et s’il ne s’agissait que d’un talent naturel, beaucoup abandonneraient avant même d’essayer.

Comme dans le métier du bois, l’habileté se voit à l’usage

On peut assister à un stage d’ébéniste, apprendre à tenir ses outils, suivre un plan.
Mais tant que le bois ne résiste pas, ne craque pas, ne surprend pas… on n’est pas encore artisan.

Dans le leadership, c’est pareil.

On peut connaître la théorie.
Mais c’est la matière humaine — les émotions, les divergences, les tensions, les engagements — qui révèle notre façon d’agir.

Le bois ne ment pas.
Les équipes non plus.

Le leadership: une co-construction

Oui, chaque leader est singulier — son style, ses valeurs, sa manière d’agir.
Mais l’autorité se tisse dans la relation, dans la confiance, dans l’impact réel de nos actions.

Être leader, c’est:

  • écouter avant de décider
  • ajuster son style aux besoins du collectif
  • gagner en crédibilité par la constance de ses actes

Parce qu’au fond, l’autorité naît de l’impact, pas du jeu de rôle.

Ni posture artificielle… ni naïveté du “sois toi-même et tout ira bien”

Ce dont nous avons réellement besoin: une approche intégrative du leadership.
Une alliance vivante entre:

  • l’authenticité (qui je suis vraiment)
  • la compétence relationnelle (comment j’entre en lien)
  • les pratiques concrètes (ce que je fais, visible et mesurable)

Être leader, c’est être soi-même… mais la version de soi qui sert le collectif.

Et les formations, dans tout ça?

Les formations pertinentes ne cherchent pas à fabriquer des clones.
Elles offrent des expériences, du feedback, des outils d’influence positive (écoute active, gestion des conflits, art de la reconnaissance, prise de décision collective).

Les assessment centers, par exemple, évaluent la capacité à transformer ses intentions en comportements efficaces et reconnus.
Ce qui compte, ce n’est pas la posture apprise, mais la cohérence entre:

  • ce que vous pensez
  • ce que vous faites
  • l’effet réel sur votre équipe

Le leadership ne se décrète pas. Il se cultive.

Comme l’écrivait un certain Carl Gustav Jung:
«Celui qui regarde dehors rêve, celui qui regarde dedans s’éveille.»

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