Votre employeur est-il responsable de tous vos maux? Oui, mais à 50%!

En exerçant le métier de consultante, j’ai entendu autant de gens amers que vu d’entreprises au management dysfonctionnant. J’ai écouté, pris le parti de l’un, puis de l’autre, pour en tirer une conclusion assez simple.

L’avènement de la reconnaissance des risques psychosociaux a mis au jour tous les dysfonctionnements managériaux et organisationnels, découvrant la notion de souffrance psychique au travail. Souffrance que vous et moi avons contribué à faire exister sans broncher car l’être humain a une capacité d’adaptation infinie. Tout à coup, l’entreprise est devenue le lit de tous nos maux, le responsable de toutes nos souffrances. En faisant oublier que dans tout conflit, dans toute relation, il y a deux interlocuteurs qui interagissent en coresponsabilité.

J’aimerais ici vous inviter à une réflexion un peu provoc’ (vous ne m’en voudrez pas de vous titiller), consistant à vous demander quelle est votre part de responsabilité dans ce qui vous arrive. Voici donc un petit florilège des choses que j’ai entendues ces dernières années – et des questions que j’ai adoré poser en retour-, afin d’illustrer cette introspection estivale.

  • Mon boss m’envoie des messages le dimanche soir: et pourquoi diable y répondez-vous?
  • Ça me reste en travers de la gorge: avez-vous exprimé votre point de vue et cherché à régler la situation?
  • Je suis mal payé: avez-vous demandé une augmentation (substantielle)?
  • Mon supérieur ne voit aucun de mes efforts: pensiez-vous que silence et abnégation favorisaient une «juste reconnaissance»?
  • Je m’investis beaucoup trop: vous êtes-vous déjà interrogé sur ce que vous essayez de compenser par le travail?
  • Je suis épuisé: avez-vous alerté votre hiérarchie?
  • Je pense au boulot en permanence: vous n’avez pas une vraie vie?
  • Je ne peux plus supporter ce job/cette entreprise: n’avez-vous pas encore le pouvoir suprême de démissionner?

Dans chaque situation, vous avez toujours votre part de responsabilité. Et tant que vous ne vous interrogerez pas sur celle qui vous incombe, vous reproduirez les mêmes situations et vous positionnerez toujours en victime…consentante.

Ne vous méprenez pas sur mon propos: oui, l’entreprise a bien l’impérieux devoir de protéger ses employés. Et même si sa responsabilité est énorme et trop peu souvent incarnée, il ne lui appartient pas de les protéger d’eux-mêmes ni de les forcer à prendre leur destin en main.

Savoir poser ses limites et transformer la plainte en demande claire sont des compétences professionnelles à part entière: soyez sûrs que l’on vous traitera comme vous accepterez (voire même demanderez) d’être considérés. C’est là, précisément, que réside votre responsabilité.

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