Un seul réseau personnel vaut mille chasseurs de tête

Imaginez-vous ce candidat (cas récent et vécu) de 50 ans, compétent, apprécié, dans une industrie solide, en croissance, sans risque de «charrette». Il est satisfait, a progressé dans sa carrière, mais l’horizon hiérarchique est bouché. Ces éléments, ajoutés à une certaine lassitude, lui donnent envie d’aller butiner ailleurs. Clair, simple, normal. Ce qui est plus surprenant, c’est qu’avant de venir voir un spécialiste du recrutement, il n’a rien fait pour arriver à ses fins. Il va y avoir un peu de travail.

Persuadé qu’il suffit de remettre son CV à un chasseur de têtes qui s’empressera d’appeler tous ses contacts, notre ami se berce d’illusions: d’abord parce que les consultants sont au service de leurs clients – les entreprises – mais surtout parce que 80% des changements professionnels se font par le marché caché, celui qui n’apparaît pas sur les sites de recherche d’emploi, dans les journaux et…chez les chasseurs de têtes ! Changer d’employeur, et a fortiori d’activité professionnelle, est un réel projet.

Qui dit projet, dit investissement de temps. Notre candidat, tellement absorbé par son travail, n’a pas eu le temps de penser à l’essentiel quand on veut évoluer: se rendre visible. Alors que lui conseiller? D’abord, approcher les choses par étape, sans se précipiter: s’il n’a pas de temps à consacrer à un minimum de réseautage, il n’aura certainement pas la possibilité d’y consacrer la majorité de son temps de libre. Il lui faut donc commencer par identifier les personnes de son premier cercle, celles que l’on peut appeler sans avoir à se présenter. De par leur position dans des associations ou des groupes d’intérêts, elles peuvent l’inviter à des événements professionnels ou semi-professionnels, voire sociaux. Il s’agit de se faire connaître dans des communautés qui partagent des intérêts, aller à des rencontres et des conférences sur des thématiques professionnelles, solliciter des entretiens sans enjeu, bref, se faire un carnet d’adresses.

Oui, c’est bien de cela dont il s’agit: ne pas viser un «employeur potentiel» mais tendre à rencontrer le plus de monde possible, surtout quand on n’a pas (encore) une idée très claire de la suite de sa carrière. C’est en échangeant, en discutant avec d’autres, que non seulement on se fait connaître mais aussi – et c’est peut-être là l’essentiel – que vont se cristalliser peu à peu les possibilités professionnelles réelles, la valeur de ses compétences sur le marché et, du coup, ses possibilités.

Nous sommes ici dans un cas de figure «grave mais pas désespéré»: grave car du haut de ses 50 ans, notre candidat n’a rien entrepris encore dans le sens de la construction de son réseau. Pas désespéré parce que sans aucune raison de penser que son job est en jeu, il peut calmement et sans pression commencer à faire ce qu’il aurait dû commencer à faire 20 ans plus tôt, élaborer son réseau. Imaginez-vous sa situation s’il se trouvait dans le groupe malheureux des gens qui ont été mis sur le carreau? Il aurait certes plus de temps libre à disposition mais l’esprit dans lequel cela se passerait serait définitivement moins agréable.

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