Un grand voyage

Le processus dure depuis des semaines, parfois des mois, vous avez été interviewé par tout le collège de direction, aucune pierre n’a été laissée sans être retournée, vos références ont toutes été appelées, vous vous êtes mis d’accord sur la rémunération, le titre, la fonction, la date de début, peut-être même sur la couleur de votre future voiture de fonction.

Tout est là, devant vos yeux, votre contrat en deux exemplaires, signés par les ressources humaines et la direction. Ce qu’il manque, c’est votre griffe, qui scellera votre accord pour commencer chez votre nouvel employeur.

Mais vous êtes pris d’un doute, d’un horrible doute. Et si je faisais une erreur? Si je m’aventurais dans quelque chose qui ne va pas tenir ses promesses? Si j’étais en train de ficher mon plan de carrière en l’air, si soigneusement élaboré et scrupuleusement suivi depuis des années?

Que m’arrive-t-il? Je me suis pourtant tellement battu pour obtenir ce poste, qui n’est peut-être pas la consécration de ma carrière, mais une sérieuse étape dans la bonne direction. Peur du nouveau? Peur du vide? Syndrome de l’imposteur? Peur de quitter? Peur de l’inconnu?

Pour chacun d’entre nous, avec ce que la vie nous a laissé comme expériences et épreuves, l’un, l’autre ou tous ces sentiments font surface à des moments cruciaux de notre vie. En particulier quand il s’agit de changer de fonction (un peu) et d’employeur (beaucoup).

Le sentiment est proche de celui qui surgit face à tout grand événement de la vie: décision de quitter la maison familiale, de tenter sa chance à l’étranger, de s’engager pour la vie avec son partenaire (ou de le quitter). Nous savons ce que nous laissons, le familier, le connu, une forme de confort, même s’il est parfois difficile à vivre. De l’autre côté il n’y a que l’inconnu, la nouveauté qui, comme dans les rêves, agrandit les plus petites craintes et les plus insignifiantes menaces.

Ce sentiment est donc parfaitement normal. Il s’agit de l’accepter, de l’intégrer et de se concentrer sur ce qui vous attend de l’autre côté du rivage tout en vous réjouissant de tout ce que vous a apporté ce que vous quittez. Il n’y a pas de recette miracle pour surmonter ces moments d’angoisse. Il y a par contre la certitude que toute nouvelle expérience, quelle qu’elle soit, magnifique, rude, complexe, épuisante vous fera grandir, quitte à vous montrer vos propres limites. Et connaître ses limites, donc se connaître soi-même, devrait être l’objectif de chacun.

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