Tous coachés?

«Le spleen n’est plus à la mode, ce n’est pas compliqué d’être heureux»: dans une chanson composée en 2018 avec son frère Roméo Elvis (bel exemple de collaboration), la chanteuse belge Angèle évoque entre autres la difficulté du changement. Elle enchaîne en disant qu’il faudrait tout oublier pour être heureux. Tout oublier… ou alors commencer un coaching professionnel?

En sport c’est devenu une banalité. Quel athlète de haut niveau peut prétendre arriver au sommet sans l’aide d’un coach? Je pense à Daniela Ryf en triathlon, à des joueurs d’échecs comme Magnus Norman ou, plus récemment, à Stefanos Tsitsipas pour le tennis. Et même sur les réseaux sociaux, les coachs foisonnent, comme Kayla Itsines sur instagram pour le fitness (6,5 millions d’abonnés à ce jour).

Dans le monde de l’entreprise, on affiche encore peu au grand jour le fait d’avoir commencé une démarche d’accompagnement. La peur d’être jugé incompétent?

Et pourtant, ne rien entreprendre lors d’une prise de poste par exemple représente un risque important. Dans une des sociétés où j’ai été actif, nous profitions des séances de direction pour inviter des intervenants de qualité – des entrepreneurs par exemple –, qui donnaient des exemples de pratiques inspirantes. Certains cadres internes étaient encouragés à parler de leur expérience de coaching et des bénéfices qu’ils en ont retirés, pour faciliter cette démarche auprès de leurs pairs.

Avec quelques séances de coaching, on peut déjà poser des jalons intéressants. Par exemple, pour un manager réputé autoritaire dont le comportement pose problème (et qui souhaite prendre du recul), on peut par exemple utiliser la pyramide de Dilts pour poser et se poser les bonnes questions sur la cause des problèmes:

  • Est-ce que je manque de moyens pour faire mon travail? Les objectifs sont-ils trop ambitieux? (Environnement)
  • Est-ce mon comportement qui pose problème? Peut-être mes paroles sont-elles mal perçues, ou mes réactions impulsives ? (Comportement)
  • Je suis persuadé qu’il faut être autoritaire pour gérer mon personnel; est-ce le seul moyen pour être efficace? (Croyance limitante)
  • Que signifie pour moi le manager idéal, afin d’avoir des collaborateurs motivés sur le court et le long terme? (Identité et sens)

Au final, ce qui est intéressant dans le coaching, ce n’est pas de savoir pourquoi un manager estime avoir 10 sur 10 (ce qui est plutôt inquiétant soit dit en passant). Mais s’il a 8, qu’est-ce qui le gène? C’est là que commence le travail. Et enfin, sur la joie, l’envie d’être manager, je me mets combien?

De nombreuses personnes ont besoin d’un coaching mais n’en ont pas forcément l’envie. Parfois, il est plus simple de rester dans une situation plutôt que de bouger. C’est la fameuse «zone de confort inconfortable». Une chose est sûre, le spleen n’est décidément plus à la mode, n’en déplaise à Charles Baudelaire. Même si la musique adoucit les mœurs, sans aucun doute.

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