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Petit traité de bon sens pour faire face au stress des collaborateurs

«Je suis débordé…» Vous l’entendez, cette petite musique de fond? Vos collaborateurs vous la susurrent. «Les gens se plaignent tout le temps et même lorsqu’on recrute des temporaires, ça ne va toujours pas: ils sont stressés», me racontait récemment un directeur de service lors d’un audit de surcharge.

Stressés. Etymologiquement, «stress» vient du latin stringere qui signifie serrer, étreindre. Ainsi, les personnes se sentent «étouffées». Le sont-elles toujours à cause de la quantité de tâches qu’elles ont à réaliser ? Pas si sûr.

Assessment: l’outil miracle?

Survenu sous nos latitudes vers la fin des années 80, l’assessment a pris son envol la décennie suivante, pour devenir aujourd’hui quasiment un incontournable du recrutement ainsi que des plans d’avancement. Un «must».

Est-ce pour autant la panacée qui permet de garantir la justesse des choix? A constater la brutalité qui se développe en entreprise de façon au moins aussi rapide que le recours aux exercices d’assessment, on peut légitimement se poser la question.

Le Leadership Incantatoire

L’incantation vaut-elle l’action? Le volontarisme au travail crée-t-il le dividende? Lors des séances, des réunions ou des comités auxquels je suis invité, j’entends souvent une musique discordante, fastidieuse tant elle s’impose. S’agitant autour d’un totem à tête de veau d’or, des leaders – apprentis-chamans – y psalmodient sans fin une étrange mélopée: «il faut, on doit, il faut, on doit, il faut, on doit, il faut, on doit…». En toutes les langues et sur tous les tons!

Un grand groupe international, visité en Europe l’été dernier, impose désormais à chaque collaborateur, dans un credo plastifié dans chaque bureau, cette même litanie incantatoire à base d’obligations sans cause, unique source de tout argument.

Certains gourous encore, promoteurs de méthodes dites nouvelles – en fait, maquillées d’appellations non-contrôlées et à consonances anglo-saxonnes -, font miroiter le nirvana économique, à grand renfort de: «il faut, on doit!» Il ne s’agit plus d’un tic, mais d’un toc – un trouble obsessionnel compulsif!

Le changement pour le changement: dangereux, très dangereux!

Dans un monde où les sphères dirigeantes sont encore bien trop souvent constituées de messieurs de la typologie «mâle dominant», il est de bon ton, lorsqu’un cadre reprend la direction d’une équipe – tout niveau confondu -, qu’il «bouge» l’organisation de fond en comble, et tout de suite. C’est bel et bien, à l’instar de l’animal, une façon de marquer son territoire et de justifier sa nomination.

S’il est au sommet d’une hiérarchie conséquente, en qualité de CEO d’une multinationale, par exemple, ce sera un véritable tremblement de terre qui ébranlera toute l’entreprise, avec ses multiples répliques au travers de l’ensemble de l’organigramme. La peur va gagner l’entreprise, avec toutes les conséquences néfastes que l’on peut imaginer.

«Parce que j’aime les gens …»

Le recruteur: «Pourquoi voulez-vous faire des Ressources Humaines?» Le candidat: «Parce que j’aime les gens, ils sont la part la plus importante de l’entreprise.»

Cet échange est un classique des recrutements HR. Pour beaucoup, il est normal. Pourtant, ce petit dialogue est dangereux. En quelques secondes, il vient d’étouffer dans l’œuf la nature même de ce que devrait être la fonction RH.