Subtil saupoudrage de règles ou noyade annoncée?

Dans toute organisation, toute société, les règles, lois, directives, règlements ont leur place pour permettre aux individus qui en font partie de comprendre le fonctionnement du système. Ils sont également utiles pour assurer une justice, une égalité de traitement, tout en tenant compte du fait que l’interprétation de ces valeurs reste assez personnelle.

Néanmoins, je me dois de mettre en évidence un phénomène indéniable aux sein des Organisations (avec un grand O pour ratisser large): la tendance, actuelle et passée, est à la définition de règles, à la formalisation de procédures. Un problème surgit, un abus est constaté, et il faut environ 30 secondes aux responsables pour arriver à la conclusion qu’il faut créer ou durcir la règle. De là à croire que cela va faire disparaître le problème, remettre les fauteurs dans le bon chemin et ainsi rassurer les autres personnes respectueuse et honnêtes, il n’y a même pas un pas.

Je tente de comprendre ce qui génère ce réflexe et ma conclusion basique est: la peur de perdre ce sacrosaint contrôle! Un contrôle qui illustre bien l’ancrage de certaines perceptions concernant le rôle de responsable ou dirigeant, qui laissent penser qu’un bon dirigeant est celui qui maîtrise et assure un fonctionnement harmonieux. Ces perceptions sont activement nourries par nos systèmes sociétaux et éducatifs, donc il est difficile de s’en distancier.

Ce qui me perturbe encore plus est le manque de prise de conscience de l’impact de cette foison de règles, de lois, de systèmes de contrôle. On peut être sûr qu’en tentant de tout contrôler, on asphyxiera la créativité et la motivation, deux ingrédients précieux. A quel niveau se situe la vision d’ensemble au sein des entreprises, qui permet de constater qu’à un certain moment cette pratique devient dangereuse au point d’impacter négativement les personnes qui étaient motivées, constructives et dynamiques? A quel moment l’entreprise perd-elle la confiance qu’elle avait mise un temps considérable à construire et commence-t-elle ainsi à s’automutiler?

Souvent les règles sont inutiles, inefficaces, voir contreproductives. Elles sont respectées par ceux qui agiraient de toute manière ainsi, elles sont transgressées par ceux qui pratiquent ce sport avec dextérité. Est-ce au final un bon moyen pour les dirigeants de se protéger, leur permettant de se contenter d’adresser un problème en disant: «Tu n’as pas respecté la loi, les règles…»?

Mon souhait est que chaque dirigeant puisse trouver les moyens de prendre du recul sans se laisser mettre sous pression ou influencer afin de rigidifier encore plus le système. Je ne parle pas d’instaurer une anarchie, mais d’être capable de trouver la bonne dose de contrôle nécessaire afin de permettre au système de s’autocorriger. Apprenons à vivre avec un ingrédient précieux: la confiance! Et si celle-ci est abusée de temps en temps, c’est plutôt une bonne nouvelle: nous avons des humains autour de nous.

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