Relève féminine, seulement une histoire de quotas?

La promotion de la mixité du genre au sein des entreprises est à l’heure actuelle une question majeure pour l’avenir de notre économie. Entendez par mixité du genre la recherche d’un bon équilibre entre hommes et femmes à tous les niveaux de la hiérarchie.

Aujourd’hui, le niveau de qualifications des femmes est de plus en plus élevé. En effet, depuis le début des années 2000, la moitié des étudiants sur les campus universitaires sont des étudiantes. Idem pour les bachelors (53%) et les masters (51%), selon les chiffres 2013 de l’OFS. En revanche, les femmes engagées dans une carrière se font rares. Plus on s’élève dans la hiérarchie, plus elles ont tendance à disparaître. Ainsi, bien que les femmes soient aussi bien formées que leurs homologues masculins, elles sont loin d’occuper les mêmes fonctions dans les entreprises.

Paradoxalement nous sommes dans une conjoncture économique dans laquelle les talents se font rares. Les femmes devraient donc être une manne toute bienvenue. Entre la pénurie de talents à laquelle devront faire face les entreprises dans les prochaines années et les besoins de diversité et d’avancement que leur impose le marché économique actuel, la prise en considération du potentiel féminin est à ce titre incontournable. Elles forment sur le marché du travail une force encore sous-utilisée, pourtant non négligeable pour l’avenir de l’économie.

Pour solutionner ce dilemme, la question des quotas ressort régulièrement comme LA solution. Toutefois elle divise l’opinion.

Il y a ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Pour les premiers il faut marquer le coup, forcer le recrutement et la promotion de femmes aux postes à responsabilités. Il y a eu trop de temps perdu, il est grand temps d’agir. Les quotas représentent alors la seule solution pour faire avancer les choses. Il s’agit de forcer le processus pour que la sauce prenne enfin!

De l’autre côté, il y a les sceptiques, ceux qui n’y croient pas du tout. Entendez celles et ceux, généralement des femmes, qui ne souhaitent pas être recrutées pour satisfaire un quelconque quota. Elles craignent de devenir des femmes alibis et de ne pas être désignées pour leurs seules compétences, sans compter l’aspect ingérence de l’État qui sous-entend contrôle et sanctions éventuelles.

Si les quotas peuvent être envisagés dans des cercles restreints et bien définis, conseils d’administration par exemple, il en va autrement dans les niveaux intermédiaires. Les quotas poseraient par exemple un problème purement pratique en termes de recrutement si une directive imposait aux entreprises d’atteindre 40% de femmes dans les fonctions d’encadrement.

Comment alors recruter tous ces profils? Ils seraient à ce jour encore introuvables sur le marché du travail, principalement dans les branches de production. Bon mais alors comment faire? Miser sur une société qui évolue lentement mais sûrement ou alors légiférer et imposer ce système dans les milieux économiques?

Le temps presse! La pénurie de talents c’est pour demain, voire déjà une réalité dans certains secteurs. Il nous faut trouver rapidement des pistes concrètes pour ne pas nous retrouver en perte de vitesse.

D’autres solutions sont-elles envisageables? Avons-nous les moyens d’investir rapidement les forces nécessaires en termes financiers?

Et vous, dans votre environnement, les quotas, vous êtes pour ou contre?

1 comment for “Relève féminine, seulement une histoire de quotas?

  1. Catherine Gambotto
    15 février 2016 at 18:53

    Bonjour! Merci pour votre article si intéressant et d’actualité.

    Bien sûr des quotas rigides et uniformes ne sont pas une solution.

    Mais cela est mieux que rien. Pas de quotas c’est « DO NOTHING »!

    Donc un minimum de quotas symbolique, soit 10% par exemple, à chaque niveau de management et dans tous les départements, permettrait d’accélérer le changement et les promotions des femmes souvent plus qualifiées et performantes que les collègues masculins.

    Catherine Gambotto
    Dir. Partnerships
    OWIT Lake Geneva, Organization for Women in International Trade
    http://www.owit-lakegeneva.ch
    http://www.csda.ch

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