Comment je me suis disputé ma marque employeur

J’ai récemment eu en entretien un jeune homme de 25 ans. Lorsque je lui ai demandé s’il avait la sensation de bien utiliser ses compétences dans son job, il a répondu: «Je préfère les utiliser dans mes activités extra-professionnelles».

Je me suis dit: «C’est donc ça, la génération Y», la génération «je ne donnerai pas mes compétences à mon patron». Il a ensuite nuancé, en expliquant que contre salaire, il fournissait ses compétences. Compétences qu’il acceptait donc de «vendre». Ma réflexion sur le concept de «cerveau en vente» était née.

Comment faire accepter l’idée d’un module nutrition-santé?

Lorsque je présente mes modules nutrition-santé aux entreprises, je fais toujours le même constat: en tant qu’individu, l’interlocuteur que je rencontre est intéressé par la démarche. Du reste, il en vient rapidement à me raconter comment lui-même s’est «mis» à une meilleure alimentation depuis qu’il a pris du poids, ou qu’il s est mis au sport, ou a vu son entourage se détériorer…

Si l’individu est acquis à la journée santé, qu’en est-il du manager ou du DRH qui se retrouve devant le choix cornélien d’une formation qui obtienne bénédiction de sa hiérarchie et engouement des équipes?

Le manager populaire: un faible?

Témoignage tout récent d’un chef de service actif au sein d’une multinationale: «Si tu es apprécié de tes subordonnés, tu crées immédiatement le doute dans l’esprit de ta hiérarchie, qui te soupçonne d’être trop gentil avec ton équipe, de ne pas placer la barre assez haut, voire d’être permissif, laxiste et inconsistant. Un mou, quoi…».

Le leadership introuvable?

Sans doute avez-vous, tout comme moi, voulu y croire un jour, de toute votre énergie positive. Peut-être avez-vous été aussi enthousiasmé que je le fus, la toute première fois que vous en avez entendu parler. Ne serait-il pas tellement simple en effet, si pratique, si élégant et si merveilleux d’aller puiser à sa source la panacée, l’élixir systémique, l’universelle solution à toute situation?

Importées massivement des USA (sans plus de discernement que la tortue tueuse de Floride, l’écrevisse américaine, le frêne puant – c’est son nom – ou l’ambroisie allergène), les théories du leadership, invariablement positives et toujours flanquées d’anodines apparences, nous ont subrepticement submergés, éradiquant au passage nos solides traditions managériales, étouffant nos plus belles valeurs humaines et sociales au nom de l’Ebitda, stérilisant finalement, dès les premières pousses, toute initiative alternative.

Le management (salutaire) du futur sera féminin!

Hyper règlementation, légifération pléthorique, obsession des processus, croyance aveugle dans la conduite exclusivement par les chiffres, actions à court terme, pression, compétition interne malsaine et lutte de pouvoir, centralisation de ce dernier. Autant de fléaux qui conduisent à l’abrutissement et créent une souffrance en entreprise terriblement répandue. A terme, c’est la performance qui est touchée, sans parler des problèmes de santé des travailleurs, un danger immense pour la société.

Réconcilier les séances de travail avec les plateaux repas

J’ai connu dans une vie professionnelle antérieure la grande solitude (la mienne) de la personne qui vient présenter un dossier et qui se trouve en face d’une dizaine de personnes en train de déjeuner, mastiquer et chercher le sel.

J’ai aussi connu le brouillon des repas partagés lors d’une séance de travail et les mille et un parasites sonores et pratiques de ces moments inoubliablement improductifs. Enfin, j’ai connu les repas de fêtes, in situ, qui se terminaient par une somnolence générale dans les couloirs le même après-midi.

Le leadership obscur

Des enluminures variées, ornant toute forme de leadership, ne cessent de fleurir, d’universités en MBA, de thèses en théories. Partout désormais, on l’entend qualifié d’organisationnel, de transformationnel, d’inspirationnel (à tout prendre, c’est mieux qu’expirationnel), voire de réflexif. Cette surenchère sémantique ne cache pas vraiment une certaine vacuité conceptuelle.