Make Corporations great, again…

«Populisme», «extrémisme», «discours radicaux», «rejet des élites», «repli sur soi», «peur». Je suis certain que ces termes vous sont désormais – trop – familiers. Nous allons devoir vivre avec – et avec leurs conséquences – pendant longtemps. La tendance que nous observons dans de le Monde est lourde et inquiétante.

Mais loin de moi l’idée d’écrire ici une tribune politique. Quoique… La politique désigne l’ensemble des actions liées à la gestion de la Cité, à sa gouvernance mais aussi à l’implication des citoyens. Elle est donc naturelle dès lors qu’une organisation se forme, qu’elle soit ville, région ou Etat.

Mais qu’en est-il de l’entreprise? Parce que, sauf preuve du contraire, les électrices et les électeurs sont également pour partie des employés d’entreprises. Le message populiste est donc implicitement présent dans nos organisations. Ce constat n’a bien sûr rien d’étonnant. Mais il nous amène cependant à nous poser quelques questions, partiellement dérangeantes:

  • La peur qui s’exprime dans ces votes s’arrête-t-elle aux portes des entreprises, ou est-elle une conséquence de systèmes de management impersonnels et froids?
  • Le rejet des élites cible-t-il uniquement les représentants publics, ou l’ensemble des «classes dirigeantes», donc les leaders d’entreprises?
  • D’une façon plus positive, les valeurs du leadership participatif doivent-elles inspirer le monde «public» et aider à changer des systèmes de gouvernance devenus abscons et distants?
  • Mais d’un autre côté, le développement exponentiel des processus de gestion renforce-t-il la technocratie Corporate, et par là même son rejet?
  • Les constants changements organisationnels – et leurs conséquences humaines – renforcent-ils le besoin de se recentrer sur soi, générant ainsi exclusion et égoïsme?
  • Le changement constant rend-il le passé plus séduisant – parce que plus connu – et renforce-t-il la nostalgie sur laquelle se construisent bien des discours populistes?
  • La communication policée et politiquement correcte ne tue-t-elle pas la véritable communication, créant ainsi un nécessaire besoin de soupape de sécurité, qui concentre les non-dits, et les «pas bien de dire ça»?
  • La course à la grandeur des entreprises ne contribue-t-elle pas à les rendre illisibles, détruisant ainsi le sentiment d’appartenance?
  • Mais les entreprises globalisées ne sont-elles pas potentiellement un des remèdes (à certaines conditions) au repli sur soi?
  • Les organisations de plus en plus complexes, matricielles et évolutives, ne débouchent-elles pas sur un besoin de simplification, avec comme conséquence ultime une sensibilité aux discours simplificateurs?
  • Et finalement, la survalorisation de l’ego et du machisme managérial ne crée-t-elle pas l’illusion du super leader absolu, seule source de salut?

Cette liste n’est pas exhaustive. Elle peut contenir autant de problèmes que de solutions. Elle a pour objectif de replacer l’église au cœur du village et de se demander dans quelle mesure nous ne sommes pas un peu responsables d’une situation particulièrement inquiétante.

L’Entreprise a un rôle sociétal. Elle influence son environnement et constitue un acteur politique. A ce titre, elle doit se remettre en cause. En tant que leader, que salarié ou que RH, nous devons nous interroger. Puis agir. 2017 est l’année idéale pour faire cela!

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