Le management à la suédoise

Un de mes anciens chef avait pour habitude de lécher son doigt – ça devait être son index – lorsqu’on lui demandait si une décision récemment prise allait avoir du succès. Il le pointait ensuite en direction du ciel et faisait mine de regarder dans quelle direction allait le souffle du vent, avec un sourire théâtral. Pour lui, c’était une manière de signifier à son équipe qu’il n’avait pas la réponse. C’est comme la météo, elle peut facilement changer en fonction de circonstances et d’aléas difficiles à prévoir. Il nous incitait ensuite à nous adapter en fonction du contexte et à faire preuve de pragmatisme.

Lorsque nous devons prendre des décisions, dans le cadre d’un projet par exemple, nous sommes souvent face à deux méthodes de travail distinctes. Anticiper et prévoir avec des normes encadrantes, ou alors agir vite et voir la suite de façon pragmatique. Ce sont deux mentalités qui peuvent avoir du succès, à condition de s’harmoniser avec son équipe et de gérer les visions différentes.

Chaque individu, entreprise et même culture d’un pays aurait ses préférences. Sur ce thème, le test de Hofstede Insights – élaboré dans les années 1970 et mis à jour en 2010 – dénombre 6 variables importantes, parmi lesquelles cette propension ou non à planifier avant d’agir (Uncertainty Avoidance Index).

En d’autres termes, chacun doit se positionner par rapport au fait que le futur est difficilement prévisible. Certaines organisations ont par exemple des procédures très strictes concernant les croyances et les comportements de leurs collaborateurs et sont très critiques face aux écarts constatés. Elles partent du principe que les règles doivent avant tout être planifiées et appliquées pour être efficaces. D’autres, au contraire, ont une attitude plus décontractée, dans laquelle la confrontation avec la réalité est plus importantes que les principes, en procédant par essai et erreurs.

Le test précité expose des résultats par pays: sur 100 points maximum, la Suède a ainsi un indice de 29, suivi de la Chine (30), l’Inde (40), l’Allemagne (65), la France (86) et enfin le japon (90). Selon ce test, effectué auprès de milliers de répondants, un même projet verra les premières actions concrètes dans un délai rapide en Suède (ou en Chine) et dans un deuxième temps dans des pays comme la France ou le Japon, après mûre réflexion.

Dans un assessment, c’est aussi une dynamique intéressante à observer et à analyser auprès des candidats. Vais-je préparer minutieusement ma présentation devant la direction et me tenir à mon fil rouge préétabli, ou alors vais-je m’adapter en fonction des circonstances, des réactions ou des questions, en faisant confiance à ma capacité d’improvisation pour rebondir et m’affirmer?

Une démarche itérative trouve alors tout son intérêt. Un va-et-vient entre théorie et pratique pour trouver la voie médiane. Gérer un projet en partant d’une première vision, puis faire les adaptations nécessaires pour s’ajuster, avec souplesse, en fonction des réalités. C’est une forme de management agile, qui prend de l’ampleur face aux changements actuels.

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