L’heure du travail sur soi a sonné

Généralement, notre premier réflexe, lorsque nous nous sentons mal au boulot, consiste à critiquer notre hiérarchie, la direction puis l’entreprise tout entière. Nous nous plaignons, sommes déprimés, accusons l’environnement puis nous séparons. Retrouvons un job. Sommes euphorique. Puis, quelques années après, revivons le même scénario.

Pourquoi? Une piste consiste à penser qu’il est commode et humain de regarder à l’extérieur de soi. Plus facile d’écrire des commentaires assassins dans les «suggestions libres» du sondage annuel que de nous demander si nous avons peut-être une responsabilité – et donc une possibilité d’agir – sur notre mal-être, notre démotivation, notre ennui profond.

L’entreprise s’est attachée depuis quelques années, en toute «bienveillance», à se substituer à l’autonomie de décision de ses salariés, notamment au regard de leur développement de carrière et de leur santé. Avec toutes les dérives paternalistes – et économiques – que cela a pu et peut toujours engendrer. Cela n’a guère aidé les individus que nous sommes à prendre pleine possession de nos carrières et plus largement de nos vies au travail.

Pourquoi se tourner systématiquement vers l’environnement pour justifier notre inconfort est une mauvaise option? Lorsque nous sommes bloqués à ce niveau et que nous n’arrivons pas à monter jusqu’à celui de notre comportement, puis du sens de ce que nous faisons et voulons pour nous, nos sources de joie sont trop tributaires d’aléas et dépendantes de l’extérieur. Cette dépendance nous rend vulnérable, et à l’heure de la séparation d’avec l’entreprise, nous démunit.

Soyons fou et passons directement à la case changement de vision: imaginez le sondage annuel qui transformerait la question «mon entreprise prend soin de mon bien-être» en «je fais chaque jour de mon mieux pour prendre soin de mon bien-être». Pas du tout d’accord? Tout à fait d’accord? Que se passe-t-il en une seule question? Vous devenez acteur.

Peut-être pourriez-vous ensuite monter encore d’un niveau et modifier les croyances que vous avez formulées sur votre rapport au travail? Et commencer à vous raconter puis faire exister l’histoire que vous voulez vraiment vivre.

Saint Augustin a dit «le bonheur, c’est continuer à désirer ce que l’on possède». Si vraiment il n’y a plus rien que vous désirez dans votre job, alors c’est entendu. Mais si, en commençant à changer votre perception en vous focalisant sur ce qui est positif, ce qui vous plaît et qui a du sens par rapport à qui vous voulez être, vous trouvez suffisamment de raisons de rester, peut-être qu’il est simplement temps de travailler sur vous.

Et de vous demander ce que vous faites chaque jour pour passer une journée de joie au boulot et ailleurs. Tout en gardant pour vous votre – très personnelle et forcément intérieure – quête du bonheur.

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