L’ambiance de travail délétère, un danger pour la performance

Dans mon dernier billet, j’expliquais à quel point certains facteurs dysfonctionnants pouvaient faire ressentir la charge de travail plus importante qu’elle n’est en réalité.

Parlons cette fois-ci d’un facteur crucial de ce sentiment de surcharge subjective, qui revient fréquemment dans les diagnostics que j’effectue sur l’analyse de la charge et la qualité de vie au travail: l’ambiance.

Mon raisonnement va vous sembler être un lieu commun: personne n’aime arriver au bureau en trouvant un air pollué. Avez-vous déjà pris le temps d’identifier tous les coûts cachés qu’une ambiance pesante génère?

Prenez ce collègue qui va vous expliquer dans un mail d’une page qu’il pourrait bien sûr vous donner l’information requise. Mais qu’en fait, il est prévu que vous contactiez plutôt untel et passiez par la procédure X, le tout en mettant votre responsable et l’entier du service en copie.

Idem pour le dossier que vous demandez de reprendre à cette collègue qui va tout faire pour rallonger les délais: pour des raisons obscures, vous l’agacez au plus haut point. Ce genre d’anecdotes est légion et fait perdre un temps fou entre énervement, débriefing avec un collègue, entretien de complainte avec le chef d’équipe.

Dégrader une ambiance est un jeu d’enfant: la contagion sur les autres est rapide, notamment sur les râleurs perpétuels et ceux qui passent leur temps à médire ou à alimenter leur base de ragots. Les ralliements aux groupes négatifs se constatent à la machine à café, dans les silences étouffants, ou les soupirs et haussements de sourcils que vous percevez dans l’air.

Dans ce climat de tension, il y a beaucoup d’énergie et de bonne humeur à perdre; beaucoup de performance aussi.

Vous continuez de penser «on ne peut pas s’entendre avec tout le monde»? Vous allez me dire, certains conflits sont utiles; ils permettent parfois d’avancer. Oui, quand ils sont gérés, ce qui est encore une autre partie du sujet. La plupart du temps, ils génèrent stress, angoisse et perte de performance. Les personnes épuisent alors des ressources pour équilibrer cette lourdeur relationnelle. Quelle énergie leur reste-t-il passée la porte du bureau?

Que vous viviez une ambiance lourde à cause de conflits individuels ou parce que certains facteurs stressent trop vos collaborateurs, vous avez tout à gagner à retrouver un climat serein. Avant toute chose, cherchez à comprendre – en observant vos équipes et en les questionnant – ce qui se joue dans cette ambiance, sans rentrer dans les critiques sempiternelles de personnes ni les jugements hâtifs (« je fais beaucoup plus d’heures que lui, il prend des pauses de 30 minutes », etc.).

Prenez votre temps et un maximum d’avis de personnes vous semblant positives et performantes. Interrogez-vous aussi sur votre comportement pouvant être à l’origine de ce genre d’attitudes négatives. L’exemplarité est en effet un autre thème important dans la gestion du climat.

Et lorsque l’on parle d’exemplarité, cela ne veut pas dire que vous devez être parfait. Toutefois, vous le savez, vos équipes seront ce que vous êtes ou du moins, prendront exemple sur vous. Soyez donc le changement que vous voulez voir dans le monde!

L’ambiance est faite de petites choses simples. Saluer ses collaborateurs chaleureusement, dire les choses avec respect, être à l’écoute. Coopérer ensuite: aider les autres en difficulté, ouvrir l’information, partager ses astuces.

Enfin, neutraliser les éléments négatifs: dans cette situation, provoquez une discussion, exprimez-y votre ressenti, écoutez le leur et demandez aux intéressés comment ils pourraient améliorer cette situation. Fixez-leur des objectifs et suivez-les.

Enfin, réunissez votre équipe, brainstormez autour du thème et instaurez une charte de bonne conduite. Enfin, arrêtez de vous prendre au sérieux. Vous allez voir, rire au bureau a des effets incroyables sur la performance!

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