La nutrition santé dans mon entreprise, de l’utopie à la concrétisation

Développer le bien-être au travail est une préoccupation croissante au sein des entreprises. Si c’est le plus souvent une attente des salariés, c’est aussi, pour l’employeur, une prise en compte de la durée d’activité qui augmente, donc une piste d’amélioration de la qualité du travail réalisé.

L’alimentation et l’activité physique sont des déterminants essentiels de la santé. Une mauvaise nutrition augmente le risque de développer obésité, infarctus du myocarde, troubles intestinaux, diabète et divers cancers…qui entraînent absences, arrêts, inadaptation ou encore accidents.

Les entreprises dans lesquelles je suis intervenue ont développé, en lien avec le service de santé et les salariés, des politiques santé qui peuvent être inspirantes. Dans ces exemples, je vous invite à lister une ou deux mesures qui pourraient être innovantes et percutantes pour vos équipes. Une seule initiative suffit à donner aux collaborateurs le sentiment d’être importants pour leur manager.

Quand elle existe au sein de l’entreprise, la restauration collective peut faire l’objet d’un audit qualité nutritionnelle par une diététicienne. Celle-ci, rompue à l’exercice, saura préconiser quelques changements, en ménageant la susceptibilité du chef. Cela peut déboucher sur la mise à disposition systématique de fruits et légumes, l’exclusion de boissons sucrées, la réduction (ou absence) des sachets de sel et corps gras (beurre, mayonnaise, vinaigrettes, etc.), voire de menus santé moins chers que les autres choix pour les promouvoir.

On peut aussi proposer des actions hebdomadaires sur des thèmes porteurs (allergies alimentaires, végétarisme, intestin irritable) avec des menus spéciaux en lien.

Dans de plus petites structures, on peut prendre en charge la restauration de nuit, modifier le choix des distributeurs (limitation des sodas sucrés et des produits sucrés) en lien avec les sociétés chargées de leur gestion, aménager les «pots» ou plateau-repas de l’entreprise, ou encore installer des fontaines à eau.

Certaines sociétés ont signé un partenariat avec des prestataires locaux, traiteurs ou restaurateurs, pour faire livrer des repas équilibrés et rapides tels que pizzas, pâtes, sandwichs ou sushis. Si l’intention est louable, il faut en amont structurer correctement les commandes, la gestion de la vaisselle et des restes, le nettoyage des locaux. Le plus difficile est d’ancrer la participation des collaborateurs sur la durée afin que le prestataire accepte ce type de commandes.

L’entreprise peut aussi plus modestement instaurer une campagne d’affichage sur différents sujets, programmés pendant plusieurs semaines afin de maintenir l’intérêt et la curiosité. Une administration lyonnaise a ainsi fait le choix de ne pas supprimer les boissons alcoolisées dans sa restauration. Toutefois, elle communique largement sur les méfaits de l’alcool et met à disposition juste après les caisses des éthylotests et prône ainsi information et responsabilisation.

Le panel est large. La formation des salariés à la nutrition santé – sur un ou plusieurs modules – peut traiter du stress, de la somnolence, de la créativité. Ces thèmes sont appréciés car ils sont en lien direct avec le monde du travail. D’autres structures ont choisi une participation financière aux consultations individuelles d’une diététicienne.

En parallèle, le service de santé peut aussi investir dans campagne de dépistage des pathologies liées à la nutrition pour sensibiliser les collaborateurs. Pour assurer la congruence de la démarche, il faut ensuite proposer un plan de suivi interne ou externe, comme le font certains pour la dépendance alcoolique.

Dans toutes ces situations, la participation a été bien plus importante que ne l’auraient cru les dirigeants, car nous savons tous que nous allons vieillir plus longtemps, mais ne savons pas encore comment! Les collaborateurs ont apprécié la démarche car ils y ont vu certes l’intérêt de l’employeur, mais aussi la possibilité pour eux de transposer cet apprentissage dans leur vie personnelle. Cette posture gagnant-gagnant en a fait le succès car elle a été la base de la communication.

2 comments for “La nutrition santé dans mon entreprise, de l’utopie à la concrétisation

  1. 13 avril 2016 at 19:11

    Que de bon sens dans ces écrits car si tout le monde prenait conscience que le mal qui ronge nos entreprises – en dehors du stress lié au résultat – est en grande partie dû à une mauvaise hygiène nutritive (donc néfaste au résultat de travail voulu), je pense que le prix d’une bonne campagne faite par des spécialistes comme Mme Blasco Luciani serait largement compensé par de meilleures performances (donc de la rentabilité).

    • 25 avril 2016 at 13:37

      Merci cher Monsieur pour ce commentaire élogieux. Il est évident que le retour sur investissement par l’efficience générée est vérifiable sur le moyen terme. Les entreprises qui ont fait appel à ces formations peuvent le quantifier au bout de 6 mois. Hélas pour l’instant les managers ne sont pas suffisamment sensibles ou sensibilisés à cette piste de meilleure santé des équipes et donc de l’entreprise…mais comme dans tous les autres domaines, dès que certains entrepreneurs, comme vous, l’auront promue, nous verrons la nutrition santé en première place des formations proposées.

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