Et si vous recrutiez sur Instagram?

Après avoir visité le toit du monde pour décoder ce que Larung Gar nous apprend du hashtag, je vous invite à plonger dans les codes d’un réseau social qui paraît aux antipodes des besoins de recrutement: Instagram.

Proposé lors d’un atelier, l’exercice du recrutement par ce biais a levé de vives réactions: qu’est-ce qu’Instagram a d’intéressant pour le monde professionnel? Sur ce réseau social (relativement) nouveau ne s’échangent que des photos, (encore) principalement parmi une jeunesse absente de Facebook et encore plus des réseaux dits «professionnels».

C’est peut-être là, d’une part, que réside un intérêt: l’accès à une communauté que l’on ne peut pas forcément atteindre par d’autres médias. Et d’autre part, l’utilisation de nos fameux hashtags y est généralisée, bien davantage que sur Twitter!

Prenons donc chaque notion, l’une après l’autre. Tout d’abord, l’audience. La «population» d’Instagram est constituée d’un public large sans segmentation particulière, si ce n’est une population sensiblement plus jeune très active sur le digital. Les utilisateurs d’Instagram consultent et échangent des photos de leur quotidien, des endroits et des gens avec qui ils partagent leurs journées.

Sur Instagram, l’on trouve donc des photos principalement prises par les utilisateurs eux-mêmes. Le point commun de toutes ces images est qu’elles reflètent l’intérêt de la personne qui les publie ou qui les partage (par commentaire ou «J’aime» interposés). Ces images sont agrémentées de hashtags – par exemple #Montre, #salonecommerce -, d’alias d’utilisateur – @sbenoitgodet ou @heg_fr, – et de texte.

Les photos sur Instagram sont massivement «tagguées» avec ces hashtags, puissants outils d’agrégation. Ces derniers donnent la possibilité de localiser les publics-cible qui nous intéressent et publier notre contenu à leur intention en utilisant leurs codes. En nous immisçant dans le flux de ceux qui consultent Instagram, nous pouvons communiquer nos messages RH (recrutement ou Marketing Employeur).

Comme toute bonne recette de cuisine, il nous faut nos ingrédients. Nous les avons déjà mentionnés: des images (photos, infographies, dessins, etc.), des messages (invitation à l’action, actualités, détails de la situation), des hashtags (manifestation des communautés regroupées par intérêts). En plus, il est possible d’inventorier des utilisateurs Instagram qui pourront être nos «ambassadeurs».

Offrons-nous donc un exemple. Dans le domaine de la santé, le personnel infirmier reste difficile à recruter en Suisse. Premier pas: identifier le potentiel. Pour cela, il s’agit de faire une recherche sur Instagram avec nos mots-clé, nos hashtags. Par exemple, utilisons «nurse». Soit en tapant le hashtag dans le champ de recherche, soit en l’insérant dans l’adresse internet https://www.instagram.com/ explore/tags/nurse/. Nous découvrons alors quelque 1’900’000 clichés de toutes sortes, mais qui contiennent tous le #nurse qui les regroupe dans notre fil à l’écran. De la même manière que tous ceux qui «suivront» le hashtag «nurse». Utiliser un mot en français permet de cibler les francophones. Je vous invite à tenter l’expérience : 16’835 occurrences pour «#infirmier», soit une bien belle opportunité de communiquer avec cette communauté!

HRT-Blog.A04.Instagram Infirmier

Crédit photo: Instagram

4 comments for “Et si vous recrutiez sur Instagram?

  1. 23 juin 2016 at 15:18

    Marc,
    (Pour la question 1:) J’aimerais éviter de tomber dans le piège des amalgames de générations. Il est clair que la courbe démographique des utilisateurs d’Instagram est décalée vers les plus jeunes. Ceci dit, je côtoie sur ce réseau des quadras qui y sont aussi actifs.
    Je préfère relever cette opportunité offerte par les micro-communautés rassemblées autour de Hashtag, plutôt que de ségréger les juniors des seniors.
    On peut voir d’ailleurs la limite de l’approche « démographique » dans ta mention des « apprentis »: certes, il y a sur-pondération d’apprentis sur Instagram; malheureusement, j’imagine qu’il y en a peu qui sont vraiment investis dans une vie professionnelle, et dans leur rôle de #infirmier, qui en feraient des candidats « hameçonnables ». Je crains que #feteDeLaMusique ou #dating ne soient plus au centre de leurs intérêts.
    Je baigne en plein cliché, et force le trait à dessein de compréhension.

  2. 21 juin 2016 at 15:50

    Merci Olivier pour ce billet! Deux questions me viennent à l’esprit. Le recrutement sur Instagram est-il plutôt approprié aux « cibles jeunes », comme par exemple des apprentis? Je me demande aussi à qui il faudrait confier cette mission dans l’entreprise: au responsable des recrutements (souvent le DRH)? Ou alors plutôt identifier la personne la plus à l’aise avec ces réseaux et la nommer « Digital Community Manager » afin de lui déléguer cette tâche?

    • 23 juin 2016 at 15:32

      Marc,
      (Pour la question 2:) « Les deux! », répondrais-je.
      Parce que c’est au cœur du travail du premier (le recruteur, je dis bien le recruteur); et que le second (le geek) pourra l’y aider.
      Il me paraît illusoire de croire que le RH puisse se défaire de transformer son travail. A l’image du journaliste:
      Pas plus tard que ce matin, nous constations sur tableaux de bord à l’écran et dissertions sur la transformation de ce métier médiatique qui ne peut plus aujourd’hui se limiter à produire des articles, sans réfléchir à sa diffusion auprès d’audiences spécifiques, et son mode de communication et de consommation(!).
      Oui! c’est difficile pour un journaliste avec 20 ans de métier d’être confronté avec les mesures d’audience, de conversion et de consommation de ses lecteurs. En même temps, certains le voient aujourd’hui comme une opportunité d’adapter leur travail et de le rendre plus pertinent.
      C’est l’invitation que je lance aux RH… avant que la transformation digitale ne les rattrape.

      • 23 juin 2016 at 16:43

        Merci Olivier, effectivement, la révolution digitale modifie profondément le métier de journaliste aussi et ce n’est pas évident de changer notre manière de travailler. L’opportunité est en revanche, comme tu le dis, magnifique et effectivement une manière de rendre nos contenus plus pertinents. Chez HR Today, nous sommes en plein dans ce changement de paradigme print/online et tes billets sur la révolution digitale dans les RH me sont très utiles dans ma mue journalistique. Merci!

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