De l’art de s’adapter

Dans un monde parfait, les formations devraient prendre en considération les besoins de l’apprenant, son niveau de connaissance, les contraintes de son contexte professionnel, ses préférences en termes d’apprentissage, etc. Tout cela dans le but de proposer un parcours adapté pour faciliter l’apprentissage.

Malheureusement, dans la vraie vie, c’est très souvent l’apprenant qui s’adapte à la formation et non l’inverse. L’histoire du participant, son expérience, son cursus scolaire et son intérêt ne sont que très rarement pris en compte. La formation reste identique pour tous. Certes, la mise en place de prérequis et l’agilité du formateur permettent de jongler entre les différences de niveaux des participants. Mais cela reste très difficile et peux générer de la frustration et du mécontentement parmi les apprenants.

Il faut changer de paradigme et faire en sorte que ce soit la formation qui s’adapte au besoin du participant. D’autant plus qu’il s’agit d’une tendance sociétale: les consommateurs veulent de plus en plus du sur-mesure et de l’unique. Mais au-delà d’une tendance, il fait sens de proposer une formation qui considère les vrais besoins.

Or, cela implique de repenser la manière d’aborder le développement des cursus de formation. Il faut intégrer une analyse du besoin personnalisée de l’apprenant et proposer des parcours adaptables. Cela peut s’appliquer même sur des formations certifiantes. Prenons l’exemple d’un brevet fédéral où les participants doivent suivre des modules obligatoires pour se présenter à un examen. Pourquoi ne pas proposer une formule personnalisable, où tous les modules ne seraient pas nécessaires et pourraient ainsi correspondre au mieux au contexte professionnel de l’apprenant? Cette approche pédagogique centrée sur l’apprenant n’a certes pas que des avantages; elle demande de la flexibilité et des ressources de la part du service de formation, surtout en termes d’accompagnement.

Ce concept va encore plus loin dans le domaine des formations numériques, où l’on parle alors d’adaptative learning. L’approche est identique, mais elle s’appuie sur des outils informatiques pour adapter le contenu d’apprentissage en fonction des besoins de l’apprenant, de son niveau de compréhension du sujet traité et de sa façon d’apprendre. L’adaptative learning se base sur les informations disponibles concernant les participants. Plus l’algorithme disposera de données, plus il pourra déterminer les solutions adaptées à chacun. Ainsi, ce type d’apprentissage ne cesse de s’améliorer avec le temps. Grâce aux avancées dans les domaines de l’intelligence artificielle et du big data, cette méthodologie va prendre un essor considérable ces prochaines années. Affaire à suivre!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *