Ce que Larung Gar nous apprend du hashtag

Il y a des enseignements qui nous viennent sous des angles particuliers. Comment une cité monastique lointaine pourrait-elle nous aider à décoder les médias sociaux? C’est ce que nous allons voir avec Larung Gar.

Aujin Rew - instagram: @aujinrew

Aujin Rew – instagram: @aujinrew

Cette cité, vous l’avez peut-être découverte sur France 3. Or, ce «Harvard du Tibet» présente bien des analogies avec le mot-dièse (hashtag en anglais), ce singulier marqueur qui trône avec sa curieuse orthographe, accouplant un # à un mot commun, voire une suite de mots sans espaces, comme #RH ou #hrToday. En vérité, cette ville nous enseigne la capacité des mots-dièses à fédérer des humains.

C’est cette analogie que l’article du jour se destine à explorer, pour vous permettre de comprendre et d’utiliser dans la pratique RH ce mot-dièse, dont vous avez indubitablement entendu parler sans pour autant savoir à quoi il peut bien servir.

Pour commencer, que devons-nous savoir de Larung Gar? Isolée au milieu de la province de Kham au Tibet, cette ville est sortie de nulle part en 1981. C’est un endroit presque inatteignable (20 heures de piste) et pourtant des dizaines de milliers de moines et nonnes ont fait le chemin de cette «buddhist academy» pour s’y établir, parfois à leur plus jeune âge. Aujourd’hui, elle compte près de 40’000 habitants.

«Inventeur» du hashtag, Twitter était confronté au problème des utilisateurs pour trouver les messages qui les intéressaient. En effet, contrairement au SMS que l’on envoie et reçoit d’un correspondant connu, la marque à l’oiseau bleu voyait fuser dans son espace virtuel de plus en plus de messages courts adressés à l’immensité de la «twittosphère».

Pour un internaute avide d’information, le seul moyen de capter ces messages était de «suivre» des émetteurs d’information (ceux qui tweetent) et lire le flux d’information ainsi construit. Malheureusement, il ne lui était pas évident d’être connecté à tous les émetteurs d’informations sur un sujet donné. C’est alors que le hashtag pointa son nez.

Apparaissant dans les messages, il «marque» ceux-ci en les rattachant à une thématique donnée, qu’il nomme ( #recrutement, #bouddhisme, #SalonRH, etc.). Tous ces mots-dièses deviennent autant de balises sur lesquelles les internautes peuvent lancer leur grappin avide, et enfiler tous les messages concernant le Salon RH, par exemple, comme autant de graines sur un mala (chapelet bouddhique), construisant ainsi un fil d’information thématique.

Revenons à nos moines. Pourquoi ont-ils quitté leur monastère, leur village? Pour du confort? Dans une ville qui ressemble à une favela – certes propre et totalement pacifique -, où l’eau se fait rare (quand les canalisations ne sont pas gelées) et doit être montée à dos de moines jusqu’à une case de tôle de 10 m2? Certainement pas. C’est bien plus la soif de la connaissance, la rencontre de maîtres réputés, la confrontation verbale et intellectuelle avec leurs pairs que ces exégètes recherchent à #LarungGar.

Kevin Freyer - published by Artnaz.com - twitter: @artnazcom , http://artnaz.com/larung-gar/, www.kevinfrayer.com/

Kevin Freyer – published by Artnaz.com – twitter: @artnazcom , http://artnaz.com/larung-gar/, www.kevinfrayer.com/

Comme autant de lucioles hypnotisées par la lumière, ils se regroupent autour du halo de leur intérêt commun, le thème de leur recherche. C’est bien l’enseignement de Larung Gar. Et donc le professionnel RH peut observer comment, de la même manière que des moines se concentrent dans un vallon verdoyant, les internautes s’agglutinent virtuellement autour de ces labels hérissés de dièses: les thématiques qui les intéressent.

–   #java, #SEO, #privacy pour les informaticiens

–   #esante , #infirmier (Instagram) , #bionicspine (Facebook) pour les soignants

–  #HedgeFunds , #AnalyseTechnique, #Yuan pour les financiers

–  #containers, #shipping, #EnergyEfficiency pour les logisticiens

Que le RH hume le vent des hashtags, et il se trouvera au coeur du nuage des messages (Twitter beaucoup, Facebook un peu) ou des photos (Instagram) publiés par des internautes avides de partager leur intérêt commun. Autant de candidats potentiels, passionnés de #thématiques, communicants et connectés, donc au bénéfice de trois bons #softskills, en plus d’être des #millennials.

Si #LarungGar peut attirer 40’000 moines des plus motivés, un «RH-ashtag» peut bien attirer quelques bons candidats… Tashi Delek!

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