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Le leadership introuvable?

Sans doute avez-vous, tout comme moi, voulu y croire un jour, de toute votre énergie positive. Peut-être avez-vous été aussi enthousiasmé que je le fus, la toute première fois que vous en avez entendu parler. Ne serait-il pas tellement simple en effet, si pratique, si élégant et si merveilleux d’aller puiser à sa source la panacée, l’élixir systémique, l’universelle solution à toute situation?

Importées massivement des USA (sans plus de discernement que la tortue tueuse de Floride, l’écrevisse américaine, le frêne puant – c’est son nom – ou l’ambroisie allergène), les théories du leadership, invariablement positives et toujours flanquées d’anodines apparences, nous ont subrepticement submergés, éradiquant au passage nos solides traditions managériales, étouffant nos plus belles valeurs humaines et sociales au nom de l’Ebitda, stérilisant finalement, dès les premières pousses, toute initiative alternative.

Le management (salutaire) du futur sera féminin!

Hyper règlementation, légifération pléthorique, obsession des processus, croyance aveugle dans la conduite exclusivement par les chiffres, actions à court terme, pression, compétition interne malsaine et lutte de pouvoir, centralisation de ce dernier. Autant de fléaux qui conduisent à l’abrutissement et créent une souffrance en entreprise terriblement répandue. A terme, c’est la performance qui est touchée, sans parler des problèmes de santé des travailleurs, un danger immense pour la société.

Réconcilier les séances de travail avec les plateaux repas

J’ai connu dans une vie professionnelle antérieure la grande solitude (la mienne) de la personne qui vient présenter un dossier et qui se trouve en face d’une dizaine de personnes en train de déjeuner, mastiquer et chercher le sel.

J’ai aussi connu le brouillon des repas partagés lors d’une séance de travail et les mille et un parasites sonores et pratiques de ces moments inoubliablement improductifs. Enfin, j’ai connu les repas de fêtes, in situ, qui se terminaient par une somnolence générale dans les couloirs le même après-midi.

Le leadership obscur

Des enluminures variées, ornant toute forme de leadership, ne cessent de fleurir, d’universités en MBA, de thèses en théories. Partout désormais, on l’entend qualifié d’organisationnel, de transformationnel, d’inspirationnel (à tout prendre, c’est mieux qu’expirationnel), voire de réflexif. Cette surenchère sémantique ne cache pas vraiment une certaine vacuité conceptuelle.

Les tiers de carrière professionnelle: pourquoi cette logique?

Depuis des années, j’entendais parler des difficultés des entreprises à assurer la transmission du savoir lors du départ à la retraite d’employés. Mais aussi à garder ce qui fait les bonnes pratiques, les trucs et astuces, la culture d’entreprise, l’histoire et les fondements de ces sociétés. Parallèlement, je constatais un niveau de motivation relatif pour les professionnels dans les dernières années de leur carrière, ou plutôt une perte de sens.

Le management peut s’apprendre. Vraiment?

Une question abondamment débattue, les réponses méritant nuance.

L’acte de management est composé essentiellement de deux éléments, que nous appellerons «technique» (organisation, marketing, finances, etc.) et «humain» (addition de compétences, motivation, etc.). Bien que pour le premier élément, si l’on est de nature bien organisée, à l’aise avec les chiffres et que l’on se sent des affinités avec les thèmes «vente et marché», on va avoir la tâche facilitée, il n’en demeure pas moins que ces aspects peuvent effectivement s’apprendre, même en partant d’une feuille blanche.

Le bore-out, une imposture?

Sans doute en est-il ainsi de toute découverte: elle suscite une surabondance d’interprétations ou d’extrapolations, immédiatement médiatisées.

Celle de la profonde et réelle détresse, née de la souffrance psychique au travail, est toute récente, devenue d’autant plus visible que la pénibilité physique du labeur salarié tend à disparaître des entreprises occidentales.