Xavier Camby

Ancien inspecteur sur les marchés financiers et dirigeant d'entreprises, Xavier Camby anime désormais Essentiel Management Conseil. Objectif de cette société genevoise? Promouvoir une gestion totalement renouvelée du capital humain et de la performance, grâce notamment au management non-toxique. Xavier Camby est par ailleurs l’auteur du livre «48 clés pour un management durable».


Comment fabriquer un idiocrate?

L’idiocratie managériale est une pandémie moderne et galopante. Elle transforme de belles personnes pleines de bon sens en zombies hiérarchiques, aux emportements mécaniques, qui ne se nourrissent plus que de présentations powerpoint, de chiffres ou de ratios arrangés, d’injonctions délétères (toutes urgentissimes) et finalement d’inhumanité rationnelle autant que de bonnes intentions.

Hautement contagieuse, cette dépersonnalisation progressive ou brutale s’enracine dans plusieurs conditionnements aussi toxiques que pathogènes. Son coût réel, humain, social, économique et financier est simplement monstrueux.

Bienveillance artificielle?

Notre époque est fantastique: pas un jour qui n’apporte son lot de découvertes extraordinaires. Publiées dans la revue Cognitive, Affective & Behavioral Neuroscience, les conclusions des récents travaux d’une équipe de chercheurs genevois (menée par le Professeur Tobias Brosch, de la faculté de psychologie de l’Université de Genève) sont remarquables.

S’étant concentrée sur le cortex ventromédian préfrontal, une zone du cerveau que nous utilisons pour nous projeter dans l’avenir en le visualisant, l’équipe scientifique a constaté sous IRM l’inhibition ou l’inactivité de cette zone chez certaines personnes. Celles-là se caractérisent par un comportement habituel de type égocentré ou égoïste. A l’inverse, celles montrant un authentique altruisme se sont révélées capables de mobiliser utilement cette partie de leur cerveau, dans toutes les perspectives temporelles possibles, afin d’adapter leurs comportements aux réalités du monde.

Des femmes comme il y a peu d’hommes

Notre histoire est pleine de surprise, au gré des découvertes archéologiques qui éradiquent certaines de nos croyances et attestent de vérités oubliées. Si vous voyagez en Bourgogne, ne manquez pas de visiter le hameau de Vix: on y découvrit jadis la sépulture d’une «Dame» celte, régnant sur une tribu, elle-même issue de la civilisation de Hallstatt, qui, des Alpes, rayonna en Europe pendant un millénaire.

La guerre des coûts

On peut y reconnaître un vrai cuisinier ou une bonne cuisinière: ils savent accommoder les restes, cultivent l’art de faire beaucoup avec peu et montrent un grand talent pour soigner la présentation de leurs plats. Une forme de génie les anime et les méthodes qu’ils utilisent se caractérisent par une intelligente économie de moyen, une authentique élégance: le moins d’efforts (ou d’effets) possibles pour obtenir le meilleur résultat possible.

Envahissements narcissiques

Si les comportements authentiquement pervers au travail sont bien plus rares que ne l’affirment ou ne l’écrivent certains, le narcissisme – qui constituerait son attribut le plus habituel- est quant à lui observable à très grande échelle dans notre monde salarié. Pour n’être pas pervers, il n’en est pas moins profondément destructeur et toxique.

Perversion ou toxicité?

Sujet à la mode et trop souvent récurrent, maltraité par nombre d’auteurs ou de journalistes, la perversion – qu’on disait jadis polymorphe et désormais narcissique – ne se distingue plus assez nettement, dans le monde du travail, d’une plus bénigne ou maligne toxicité. La différence entre ces deux graves dysfonctionnements est pourtant radicale, non pas – hélas – par l’effet sur leurs victimes, mais de part leur essence.

Le conflit est une faute professionnelle

Alors qu’à leur demande j’essayais d’expliquer à des enseignants, formateurs de futurs cadres internationaux, que le bien-être ou la santé psychique est un moteur essentiel de la vraie motivation et de la performance pérenne, je fis face à deux incroyables croyances, intrinsèquement toxiques.

La première permettrait de penser que la souffrance est bénéfique, ou qu’elle peut l’être. Je n’ose imaginer les ancrages morbides dont elle se nourrit ou les déviances qu’elle peut vouloir légitimer. Ni les perversions qu’elle autorise, du genre «c’est pour son bien» ou encore «tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort».